cool la life

windsurf Quand, le regard embrumé de plaisirs illicites, les fous de glisse s’élançaient sur la vague. Que le mistral asséchait nos peaux de carton bitumé. Que nos crins blond californien, dégorgeaient de sel.

Nous nous sentions libres comme les oiseaux.

On se lavait dans la mer, au Fa douche citron vert, et l’on se nourrissait de riz et de fruits. Rien n’avait d’importance que la vibration des corps et des esprits.

Nous étions ivres de vent, de soleil, d’adrénaline et de vin gris. La nuit, le jour, se confondaient au gré de nos désirs. Le temps n’existait pas, le monde non plus. La planète tournait sans nous.

Nous n’étions plus des enfants, mais le feu de l’été nous brûlait et nous rendait inconscients. La glisse, les vagues, la route, la musique, nous laissaient fourbus mais heureux.

combi wv

Et quand, nous nous écroulions enfin, les bras en croix sur la couchette du vieux Combi VW. Les étoiles nous souriaient et les songes nous portaient vers un autre futur, si bleu qu’il en était indécent.

C’était l’été 89…et Dire Strait chantait :

le vent m’a dit

« La vie est un sommeil,

l’amour en est le rêve,

et vous aurez vécu si vous avez aimé. » – Alfred de Musset –

falaise

Le vent m’a dit qu’il se cachait au pays des montagnes noires.

Ou bien était-ce un oiseau qui descendait l’Escaut ?

Espiègle et coquin, le vent lui a soufflé « viens ».

Ou bien était-ce un mot échappé d’un écran ?

Le vent salé s’est mêlé à son Habit rouge imaginé,

une bourrasque contre lui m’a projetée.

Emoi et tremblements.

Les mouettes rieuses s’esclaffent,

les goélands dansent une folle sarabande.

Magie de l’instant.

Un rêve intemporel est passé sur le pays d’Opalie.

Le vent l’a emprisonné et gravé dans la craie.

 

4 Avril 2013

un jour les chats…

chats

« Le premier qui osa, se prénommait Salâmbo.« 

En quelques secondes, le souffle avait fait voler en éclats les immeubles de verre et d’acier. Le pont suspendu s’effondra dans un bruit sourd sur l’autoroute encombrée de véhicules en fuite. Les arbres déracinés disparurent dans les airs. L’instant qui suivit, un nuage blanc opaque recouvrit la ville en ruines. Le jour d’après et les semaines qui suivirent, une pluie acide tomba sans trêve. Puis, peu à peu elle diminua d’intensité.

Une boue rougeâtre recouvrait le bitume défoncé et les restes de corps calcinés. Dans la moiteur du silence, quelques rats téméraires, en quête de nourriture, émergèrent des égouts et se faufilèrent dans les décombres.  Ils n’étaient plus nombreux. Certains avaient péri dans le souffle, d’autres avaient été irradiés mortellement. Les rescapés, faméliques, tentaient d’échapper aux derniers prédateurs : une poignée de survivants humains et une multitude de chats.

Un matin, le soleil filtra timidement au travers d’une bouche d’égout. Les hommes se concertèrent et il fut décidé qu’un éclaireur explorerait une potentielle survie à la surface. Celui désigné par tirage au sort, était pâle et squelettique. Ses cheveux blancs contrastaient étrangement avec la jeunesse de ses traits. Il titubait, aveuglé par la lumière et ne se rendit pas compte immédiatement qu’on l’encerclait…

Les chats s’étaient rassemblés, à l’affût de cette proie inespérée. Leur mémoire génétique leur signala que cette nourriture était interdite mais s’ils voulaient survivre, ils n’avaient d’autre choix.

Les yeux exorbités, oreilles aplaties, queue mouvante et babines retroussées, ils avancèrent d’un pas vers l’homme. Quelques feulements surgirent, suivis d’une cacophonie de cris de combat.

Tétanisé, l’homme restait planté là, sans comprendre. Le cercle menaçant se resserrait autour de lui. Il se boucha les tympans pour ne pas entendre la masse hurlante qui rampait vers lui.  Soudain il sentit les griffes et les crocs lui pénétrer les mollets et essaya de se dégager.

C’est alors que Salâmbo, un énorme chat gris-bleu, lui bondit au visage et lui creva les yeux. L’homme vacilla et tomba. Enhardis, les chats se ruèrent sur le corps à terre.

Au soir de ce jour de l’an 1, Salâmbo fut proclamé chef de la confrérie des chats de l’apocalypse. Des groupes de dix se constituèrent, chargés de faire le guet devant chaque plaque d’égout de la ville.

Au matin du deuxième jour de l’an 1….

« Bowie, mon bébé, s’il-te-plaît, ne me mange pas ! »…Je bondis hors du lit et me souvins avec horreur que j’avais oublié d’acheter des croquettes !!!

une journée à la mer

TurnerW. Turner

Ce matin là, Clémence se sentait fatiguée. Sa marmaille dormait encore, trois filles de sept, neuf et dix ans, et deux garçons jumeaux à peine sevrés. Les filles ensemble, sur un matelas à même le sol ; les jumeaux dans le lit des parents, faute de place et pour se tenir chaud.

Vers 5h les petits s’étaient réveillés, leur ventre vide réclamant pitance. Le père, en ronflant, donna un grand coup de pied dans le tas. Clémence attrapa les jumeaux, un dans chaque bras, et fit chauffer du lait auquel elle ajouta une goutte de genièvre ; il fallait bien qu’ils se rendorment puisqu’elle devait partir travailler. Les gosses burent avec voracité et quelques minutes plus tard, se rendormirent, en tête à queue au bout du lit. Clémence soupira et pensa que son ivrogne de mari les supporterait bien toute la matinée jusqu’à ce qu’elle rentre de la plage. Quant aux filles, elles se débrouilleraient, comme d’habitude.

Clémence était verroquière. Chaque matin, elle s’habillait chaudement pour braver le vent du nord : trois jupons, deux tricots de corps, une vareuse de gros drap, des bas de laine et des godillots de soldat, récupération du service militaire de son mari. Par dessus cet accoutrement, elle s’enrobait de son châle en crochet noir, celui qui lui venait de sa mère, et le fermait d’une épingle à nourrice.
Ses outils : une petite pelle, un râteau et un seau. Son bagage : deux tranches de pain tartinées de saindoux, agrémentées d’un oignon et une gourde en ferraille remplie de café. Les jours fastes, elle ajoutait deux ou trois rondelles de saucisson de cheval.

Clémence travaillait dur depuis l’enfance. Un jour de ducasse, un caporal de l’Armée de terre la remarqua et la fit danser au bal du Minck. Deux ou trois valses, quelques caresses et un peu trop d’absinthe,  et elle se retrouva à 16 ans, mariée et enceinte. Un enfant arriva, puis un autre, et encore un autre, chaque année ou presque. La guerre finie, le caporal était rentré à la maison, et ne la quitta plus, sauf pour acheter son litron de vin rouge quotidien. Une fois sa dose ingurgitée, il restait assis, le regard hébété et donnait des ordres à ses troupes…

Clémence remplit de charbon le grand poêle en fonte, donna un bon coup de tisonnier et quitta la baraque en bois vers les 6h. En ce matin de Septembre, le ciel était sans nuage, mais un vent fort la forçait à plier l’échine pour avancer. La plage se trouvait à un kilomètre environ de la Grande rue du Courgain maritime. Elle passa le pont du bassin du Paradis où l’attendait son amie Pauline, verroquière comme elle. Quelques pêcheurs raccommodaient leurs filets, assis sur les bites d’amarrage. Les goélands tournaient autour, à l’affût de quelques viscères de poissons.

Les deux femmes s’embrassèrent et, bras dessus bras dessous, se dirigèrent, vers « la plage des pauvres », à l’Est de la jetée,  celle où les dames à ombrelles, ne mettaient jamais les pieds. Elles choisirent un carré de sable prometteur et se mirent à l’ouvrage. Clémence noua ses jupons entre les jambes pour être plus à l’aise, retroussa les manches de sa vareuse et resserra son grand châle. Ses mains étaient nues, rouges et gonflées par le vent et l’eau salée ; elle ne portait plus d’alliance, l’ayant mise au clou pour acheter le charbon de l’hiver dernier.

Pauline se mit à chantonner « dors min ptit quinquin » en appuyant sur chaque syllabe chaque fois qu’elle donnait du pied sur sa pelle. Clémence reprit en choeur en pensant à ses « ptits éfants« . Toutes deux travaillaient courbées pour dénicher les vers de sable au plus profond de leurs trous. Parfois elles se redressaient, les mains soutenant leurs lombaires, et attendaient quelques instants pour laisser passer la douleur lancinante.

Au bout de quelques heures, elles ne pouvaient plus se redresser, le dos était comme soudé en position d’angle droit. Alors elles continuaient de piocher à genoux sur le sable mouillé, le vent et les embruns les fouettant au visage. Et tous les jours, c’était ainsi, irrémédiablement.

Le soleil de Septembre disparaissait de temps en temps derrière de gros nuages venus d’Angleterre. Clémence dit  » c’est cor’ ces foutus d’Inglais qui nous ramènent el’ froidure » ! Vers midi, les ventres se creusèrent, alors les deux amies, faisant un coussin de leurs jupons humides, s’assirent sur un monticule de sable et déballèrent leur casse-croûte. Le pain était humide, tout prenait le goût et la texture de l’eau de mer, mais ce genre de détail n’altérait pas leur appétit ; l’air de la mer, ça creuse…

Clémence offrit un peu de café à Pauline et dit « tins m’fille, bois un coup, ça te récoffera, et pis argarde un peu, les siaux sont presque rimplis, on va pouvoir s’in aller ed’bonne heure ! ». Pauline approuva, elle avait hâte elle aussi de rentrer à sa baraque.

Au large, la Malle, ce gros bateau faisant la navette entre la France et l’Angleterre, envoyait des flots de fumée noire et signala bruyamment son entrée au port. Les deux femmes contemplaient ce géant des mers, en songeant qu’elles n’y mettraient jamais les pieds, en Angleterre. Ca, c’était pour les riches bien sûr. Pourtant, à force de regarder les falaises de Douvres par beau temps, elles auraient aimé un jour…

Balayant d’un coup ces rêveries extravagantes, avec rage et détermination, les deux amies rangèrent la gourde de café, se relevèrent en s’appuyant sur les cuisses et se courbèrent à nouveau pour piocher…

Vers trois heures de l’après-midi, les seaux remplis d’une masse grouillante et visqueuse, elles décidèrent qu’il était temps de rentrer. La prochaine besogne serait de rincer et filtrer le sable avant de revendre les vers, aux pêcheurs du coin. Oh, elles n’allaient pas gagner grand-chose, mais assez quand même pour acheter le pain, du lait pour les mioches et peut-être un morceau de lard que le boucher leur aurait conservé et vendu bon marché.

Pour Pauline, fille de 17 ans encore au sein du nid familial, ce n’était pas un problème. Les sous qu’elle ramenait au bercail servaient à la nourriture de la maisonnée ; elle en était fière et n’en demandait pas plus. Pour Clémence, les choses étaient différentes ; son ivrogne de mari la battrait si elle ne ramenait pas assez pour le vin. Les enfants pouvaient bien se passer de lard…

Les deux femmes reprirent le chemin du retour, cassées mais heureuses d’avoir terminé leur journée à la mer…Sur le pont du bassin du Paradis, elles se quittèrent, l’une chantonnant toujours son « p’tit quinquin« , l’autre perdue dans ses pensées.

Clémence pénétra la Grande rue étroite du Courgain maritime. Les  hautes maisons séparées par un dédale de pavés au milieu duquel coulait un ruisseau d’eau usée, étaient remplies de cris d’enfants et de hurlements d’hommes et de femmes abrutis par la gnôle et la vinasse. Du linge pendait aux fenêtres et invariablement, se souillait d’ordures jetées par des voisins de l’étage du dessus…

Au loin, le carillon du beffroi de St Pierre sonnait quatre heures. Clémence repensa au bateau venant d’Angleterre, aux falaises blanches de Douvres…Alors elle s’arrêta un instant, posa son seau de vermine à terre. Puis elle écarta les jambes au-dessus du dalot central, souleva ses jupons, une main devant, une main derrière. Et elle se soulagea.

MD – 2010

ombres au soleil

OLYMPUS DIGITAL CAMERANe plus entendre les grondements de la bête.

Ne plus sentir la planète qui tremble.

Quitter la route pour un sentier de chèvres…

Là-bas, un peu à l’écart du village, les deux amis ont quitté leur éternité et se racontent des histoires.

Sur les berges dorées de la Volane, l’un se tortille la moustache en sifflant Ouraloup et l’autre ré-ajuste son écharpe de soie blanche, qui glisse…

Tendez bien l’oreille et avec un peu d’imagination, par-delà la chanson du torrent, le vent vous soufflera ce poème dédié à Antraigues…

Mais avant, allumez les cigales, prenez l’accent rocaill..eux de Gascogne, appuyez bien sur chaque syl..la…beu… et laissez vous porter …

NONCHALAN-CES

« Prononce-t-on Antrai-gues, Antraï-gues ?

Faut-il enten-dre entrai-de, entra-illes ?

C’est un village qui tress-aille

Entre la trui-te et le nid d’ai-gle

Le soir venu, ça défourai-lle

Des gueules ta-illées au canif

S’envoient en l’air et se cham-aillent

Sous l’oeil tolérant du shé-rif

Qui tringue à main tes étoi-les

Entre deux nuits, entre deux toi-les

Etoi-le rouge, étoi-le d’or…

Antrai-gues, c’est un château-fort

Ai-le de pierre sur l’Ardè-che

Qui couve l’art…bonsoir la Dè-che… »

Claude Nougaro

3 août 1992.

pardon, John

J’ai cinq ans aujourd’hui

J’aurais bien voulu chanter à la kermesse de l’école

Mais ils ont tout annulé

« Pas de chant en Arabe » ils ont dit

Sauf que, moi, j’aurais bien aimé apprendre

Parce-que quand je serai grand, j’irai dans le Sahara

Et je rencontrerai peut-être le Petit Prince…

Je ne sais pas bien dessiner les moutons

Mais j’aurais pu lui chanter « Imagine »

En fait je ne sais pas quelle langue il parle le Petit Prince

C’est juste un enfant, comme moi

Imagine

Imagine there’s no heaven
It’s easy if you try
No hell below us
Above us only sky
Imagine all the people
Living for today

Imagine there’s no countries
It isn’t hard to do
Nothing to kill or die for
And no religion too
Imagine all the people
Living life in peace

(Chorus)
You…
You may say I’m a dreamer
But I’m not the only one
I hope some day you’ll join us
And the world will be as one

Imagine no possessions
I wonder if you can
No need for greed or hunger
Our brotherhood of man
Imagine all the people
Sharing all the world

(Chorus)

And the world will live as one

arabe
تخيل

تخيل ان ليس هناك جنة
الامر سهل اذا تحاول ان تتخيل ذلك
وانه لا توجد هناك جهنم تحتنا
فوقنا فقط سماء
تخيل كل الناس
يعيشون من اجل يومهم

تخيل ان ليس هناك دول
ليس من الصعب تخيل ذلك
وان ليس هناك ما نقتل او نموت من اجله
وان ليس هناك اي اديان ايضا
تخيل كل الناس
يعيشون الحياة في سلام

قد تقول اني مجرد واهم
ولكني لست الشخص الوحيد الذي يحلم بذلك
اتمنى يوما ما ان تشاركنا الحلم
وان يكون العالم واحد

تخيل ان ليس هناك اي ممتلكات
اتساءل ما اذا كان بامكانك تصور ذلك
فلن يكون داعي حينها للجشع ولا مكان للجوع
بل اخوة في الانسانية
تخيل كل الناس
يقتسمون العالم كله

قد تقول اني مجرد واهم
ولكني لست الشخص الوحيد الذي يحلم بذلك
اتمنى يوما ما ان تشاركنا الحلم
وان يعيش العالم كروح واحدة

Bob et Jimmy

USA MAI 2012 N° 2 038
Sausalito côté hippy

Après la seconde guerre mondiale, à Sausalito (banlieue nord de San-Francisco), croupissent des chantiers navals et des épaves de bateaux abandonnés. Tout est gratuit, à disposition. En quête d’un nouveau monde où tout serait à réinventer, on se sert, on récupère les bateaux et on les transforme en « house-boats ». Le résultat est original et ingénieux et personne n’y trouve à redire.

A la fin des années 60, en pleine guerre du Vietnam, apparaît le mouvement hippy. Les enfants-fleurs envahissent San Francisco et beaucoup s’installent dans les house-boats de Sausalito. Ils y créent un mode de vie communautaire, véritable contre-culture de la société américaine. Leur idéologie : non-violence, refus du conformisme, liberté sexuelle, partage et écologie. Leur credo « faites l’amour, pas la guerre » sur fond de musique psychédélique et de drogues.  Ils vivent principalement d’artisanat…mais souvent grâce au soutien de leurs parents fortunés.

Le rêve perdure quelques années, puis s’étiole peu à peu ; les temps changent, les mentalités aussi…La plupart quitte « Sausalito paradise » et retourne à la réalité d’une vie de labeur, d’individualisme et de sur-consommation.

De cette époque subsistent quelques vestiges étonnants qui attirent la curiosité de nombreux touristes. Baraques colorées et fleuries, pontons de bois vermoulu, installations électriques hors normes (la norme étant une injure pour les habitants de ce joyeux foutoir). Au cours d’une promenade, il n’est pas rare de croiser quelque vieil  irréductible,  toujours pas résigné, qui défend jalousement son « floating home » à grand renfort de panneaux « private » . 

Les derniers utopistes sont cependant menacés par les promoteurs qui ont commencé à exécuter leur plan : construire des quais en dur et  des maisons flottantes de luxe.
L’endroit étant très prisé par les « bobos » et autres « golden boys », la gentrification s’est mise en marche. Les house-boats se négocient désormais entre 300 000 et 1 million de dollars.

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Sausalito côté chic

« Bob attendait assis sur une caisse en bois, devant son « floating-home ».  Il semblait avoir maigri un peu et son visage tanné comptait quelques plis supplémentaires. Ses cheveux longs avaient blanchi encore sous le bandana à l’effigie du drapeau étoilé. Il caressait un chaton sur ses genoux. A la vue de ses visiteurs d’outre-Atlantique, il stoppa son geste et baissa ses petites lunettes rondes. Marilou fit les présentations…

Biquet, aux anges, avait déjà brandi son attirail photographique, mais Bob l’arrêta : « S’il-te-plaît, je déteste ça ». Il invita les deux amis à entrer dans son antre. Le confort était spartiate, mais les coussins à même le sol, les tapis indiens et l’odeur d’encens qui flottait, donnaient à l’endroit une atmosphère sereine. Marilou s’y sentait bien.

Après avoir servi du thé à la bergamote, Bob s’installa à terre devant ses invités et commença à gratter nonchalamment les cordes de sa veille guitare « Guild ». Puis il s’adressa à Marilou : »Ainsi, tu es revenue…toujours à la recherche de Jimmy, je suppose… »

Le dernier chapitre aurait pu commencer ainsi. Dans l’avion de retour vers l’Europe, Marilou reposa son cahier et son stylo et décida de regarder le film « Avatar ». Elle n’était pas retournée à Sausalito, et Bob n’existait que dans son imagination. Elle avait fuit au bout du monde, comme d’autres fuient à l’intérieur d’eux-mêmes, à la recherche d’une vérité qui ne lui serait jamais dévoilée. La seule certitude que Bob aurait pu lui confirmer était que Jimmy n’avait jamais aimé que lui-même. Et elle se concentra sur « Avatar ».

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