histoires courtes et improbables

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Encouragée par quelques aminautes et harcelée par l’un d’entre eux qui depuis, est devenu un ami tout court….je me suis laissée portée vers l’édition de quelques unes de mes « histoires courtes et improbables »….

Ce recueil de nouvelles est actuellement en vente en ligne chez Edilivre.com

Bientôt il sera disponible sur la Fnac, Amazon et Chapitre.com.

Merci à vous qui me suivez depuis tout ce temps sur ma planète imaginaire…

histoires courtes et improbables

 Pour commander, c’est ci-dessous :

http://www.edilivre.com/histoires-courtes-et-improbables-20e0a83c5f.html

dédicace

Quand l’horizon accouche d’une plaine dévastée, que le vent d’Est a balayé toute certitude, on s’invente une planète et on s’autocensure. Fragile édifice aux racines à fleur de terre, cherche une béquille, un écho, un mot. Vacille sous le souffle fétide des charognards qui veillent.

Quand les mémoires contaminées se perdent dans les méandres d’une vulgaire matérialité. Que la bourgeoisie qui s’ennuie joue à se faire peur, effeuille chaque fleur du mal, puis s’en retourne, blasée, à sa dignité javellisée.

Les ombres se lèvent et dansent sur les rimes aiguisées du poète.

bleu comme une orange

 « Il nous faut peu de mots pour exprimer l’essentiel » . Mais les mots me manquaient ce jour-là. Pour en avoir noirci mille pages, pour les avoir prononcés mille fois, la source s’était tarie.

« Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin… » je scrutais l’horizon, transperçant la brume de mes pensées vagabondes. « Un orage emplit la vallée, un poisson la rivière »…la vallée était vide et la rivière desséchée. Et je m’apprêtais à refermer la page.

Quand je l’entendis qui gémissait. Il était là, à terre, piétiné, bafoué. « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous » me susurrait cette drôle de voix venue d’ailleurs. Il semblait inconsolable et je craignais qu’il inondât ma planète. Mais j’étais émue et lui murmurai « pleure, les larmes sont les pétales du coeur ». 

Curieusement, mes paroles produisirent l’effet contraire, et il se mit à rire. Un peu vexée je lui tournai le dos. C’est alors qu’il m’entoura de la tiédeur de ses ailes. A l’instant je lui pardonnai sa ruse et fondis comme Chamallow dans la bouche.

Des jours durant, qui me parurent des siècles, « j’adorais l’amour comme à mes premiers jours ». Puis, ce démon farceur disparut soudainement de mon tableau surréaliste. Ne laissant sur mes lèvres que l’étrange saveur douce-amère d’une orange bleue.

« Rien n’est simple ni singulier » ….me rappela cette drôle de voix venue d’ailleurs.

 

paul eluard

Merci à Paul Eluard, de m’avoir prêté ses mots.

le temps des carnavals

masques

Dessus leurs tristes oripeaux, ils ont revêtu un plumage qui leur sied mieux. Sur la laideur de leur visage vieillissant, ils ont posé un masque lisse.

Qui, dissimulé sous la Bauta, s’adonnera à la luxure refoulée. Qui, Polichinelle oiseau piailleur, en dévoilera les secrets. Arlequin se moquera de sa propre malice et les gueux, élevés au rang de Capitan, retrouveront leur dignité. Tandis qu’au fond du grand bal, Colombine, éternelle amoureuse d’un bouffon, soupirera à la lune.

Il est revenu, le temps des carnavals. Et tourne le monde, et dansent les masques à la grande commedia della vita !

 ***

« Quiconque a vu des masques, dans un bal, danser amicalement ensemble, et se tenir par la main sans se connaître, pour se quitter le moment d’après, et ne plus se voir ni se regretter, peut se faire une idée du monde »  – Vauvenargues -

et moi je cours…

route

En écho à la révolte qui gronde, la mer en furie s’est dressée debout. Incertitude, utopie et chimères, la tempête a tout balayé. Opalie s’est réveillée sans phare-baobab « Ils repousseront » m’a-t-elle affirmé. Dans sa bulle aseptisée, Jimmy n’a rien vu, rien entendu.

Et moi je cours après Charlie.

Vincent, François, Paul et les autres, ils causent, ils causent. Comme avant, quand ils refaisaient le monde. Joseph et Ahmed boivent le thé. « Je serai rabbin » dit l’un, « je serai imam » dit l’autre, « et nous prônerons la paix« . Dérision dérisoire d’un monde irréel.

Et moi je cours après Charlie.

Un carquois en bandoulière, rempli de crayons, Marilou a repris la route. Les épines à fleur de peau, la sève bouillonnante, elle est prête. Dans sa tête résonne le big bang d’un nouvel univers.

Et Franky chante en choeur avec les étoiles…

Et moi j’écris n’importe quoi…

Et moi je cours après Charlie.

bye bye 2014

Un métro New-Yorkais contient 1.200 personnes. Ce blog a été visité 7 000 fois en 2014. S’il était un métro New-Yorkais, il faudrait faire 6 voyages pour les déplacer tous.

Alors à vous qui passez, merci.

Et que la terre accouche de milliers de phares-baobabs, que les renards se mettent à parler, que les oiseaux de mer vous portent le message !

Bonne année !