venise en opalie

– Avis de tempête  à forts coefficients –

– Vigilance orange sur Opalie –

Dans le fracas des lames qui se brisent contre la pierre, dans le grincement sinistre des bois marins. J’entends une musique légère.

Les bouillonnements d’écume sont des ailes de cygne. Le bronze du ciel est dorure. Des oiseaux de feu virevoltent au-dessus de la mer et l’horizon, mystérieux, s’est masqué.

Bravant les éléments perturbateurs, j’avance sur des pointes de satin. La gifle du sable qui tourbillonne a rosi mon visage trop pâle.

Que j’aime cette tempête !

Quelle étrange fantasmagorie que Venise en Opalie !

complainte d’une littéraire de supermarché

alice2

Si j’aurai su j’aurai pas venu !

Se lancé dans l’arène des polémiks sur les résos socios représante parfoi un danger insoupssonnable. Balottée comme une balle de ping-pong entre les pour et les contre, essaillant d’argumanté mes propeaux, j’ai vite compris que décidémant, Cervantes avait tort. On ne se bat pas contre les moulains à vant ;  hier encore, un ami très chaire me le fesait remarqué. Points de suspension.

Ce monde n’est pas fait pour tout le monde, je l’avais oublié.

Sur la pointe des pieds, me suis éclipsée,  me suis réfugiée au creux de mes parenthèses, pour y contempler mes rêves avec accent circonflexe.

 

 

terrasse avec vue

feuilles qui volentEn ce doux après-midi de grisaille, Marilou s’est assise à la terrasse du café du Minck, commande une bière blanche, machinalement allume une cigarette. Sur le quai des pêcheurs, une volée de goélands se dispute un poisson éventré. Elle cherche du regard son volatile unijambiste mais ne le trouve pas. Sans doute est-il mort, échoué sur la plage, à moitié dévoré par les crabes. Il n’existe pas de cimetière pour goélands.

De son cabas à l’effigie de la statue de la liberté, elle sort un cahier bleu à spirales, sur lequel est écrit son roman inachevé, en feuillette les premières pages. Des mois qu’elle ne les a pas lues et c’est à peine si elle reconnaît son écriture. Les mots qui défilent lui sont étrangers. Il est trop tard. La haine a fait place à l’indifférence et cette histoire n’a plus aucun sens. Rien n’est pire que le vide sidéral.

La cigarette se consume seule dans le cendrier. D’un geste lent, Marilou écrase le mégot, culpabilise. Quelques rares promeneurs se sont arrêtés pour observer le trafic maritime. Là-bas, derrière la jetée ouest, un ferry attend. Une sirène de police hurle, des silhouettes sombres courent en tous sens. Echappées du bidonville.

Marilou reprend son cahier bleu, le retourne. Au verso vierge des pages noircies, elle écrit : « je vous ai beaucoup aimés »…

rupture

femme rails

Je te quitte mon amour.

Je t’aime mais je te quitte.

Y-a-t-il une raison à cela ?

Il y en a une, il y en a cent, il y en a mille.

Torture des nuits sans sommeil, guettant les lueurs de l’aube libératrice. Supplice du manque de toi. Kilomètres parcourus à te chercher. Défaillance, culpabilité.

Te trouver enfin, me précipiter vers toi, m’apaiser.

Ouvrir ton écrin, fébrilement caresser le soyeux de ta tige, humer ton essence. T’allumer et sentir la brûlure en toi, qui me gagne. Poser ma bouche à ton extrémité et aspirer jusqu’à l’ivresse…

Addict, accro, esclave, aliénée. Tu étais mon  refuge, ma terre promise, mon havre de paix.

C’est terminé mon amie, mon amante, mon aimée, je m’envole, je m’en vais.

Bye bye love, sorry angel, je t’aimais oui mais…

Dessine-moi un câlin

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En me réveillant ce matin,

j’ai cherché mon câlin.

Il était parti en emportant son oreiller.

Sa place était déjà refroidie

et sous les draps,
aucun pli.

Déçue qu’il ne m’ait pas attendue,

j’ai embrassé mon édredon
et l’ai serré très fort.

Le jour s’est levé, et moi aussi.

Dans la chambre à côté,
une petite fée dormait.

Quand elle m’appela,
j’accourus lui faire un câlin.

De sa petite voix ensommeillée,
elle demanda :

 « tu pleures ? »

 « non, pas du tout, j’ai les yeux qui piquent »

Puis elle me prit par la main,

m’entraîna sur sa planète.

D’un coup de baguette,
elle fit apparaître

une feuille de papier
et des crayons de couleur.

« tu veux un dessin ? »

« oui, s’il-te-plaît, dessine-moi un câlin » !

les rêves meurent aussi

Blackstar_album_cover

Des millions de gens meurent chaque jour. Des enfants sont égorgés, des femmes lapidées, des hommes décapités. L’horreur est quotidienne. Nous nous indignons, nous manifestons. Nos coeurs serrés n’en peuvent plus. Nous étouffons, nous saturons. Et voilà qu’à l’annonce brutale du décès d’une icône, les larmes coulent enfin…

On peut critiquer, se moquer et certains ne s’en privent pas. Que ceux-là passent leur chemin ; l’émotion n’est pas l’apanage des bien-pensants.

Un jour quelqu’un m’a dit « ne détruis pas mon rêve« .

Mais il arrive que les rêves meurent.

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Millions of people die every day. Children are knifed, women are stoned to death, men are beheaded. The horror is daily. We get indignant and we show it. Our tight hearts cannot bear any more. We suffocate, we saturate. And one day, to the rough announcement of the death of an icon, tears flow finally …

We can criticize, laugh and some do not go without it. Those ones can cross their path ; because emotion is not the privilege of the right-thinking.

One day somebody told me  » do not destroy my dream « .

But it happens that the dreams die.

rien n’a changé

Vous avez vieilli Monsieur Bowie.

Ce matin en ouvrant les yeux sur le monde, je n’ai pas réussi à être blasée, pas encore.

Mitterrand vingt ans déjà, Renaud le retour, et David Bowie 69 ans aujourd’hui !

Trois infos sans réelle importance qui m’ont projetée loin derrière.

Je n’ai pas vu le temps passer.

Y-a-il une vie sur Mars ? Pouvons-nous être des héros, juste pour un jour ? Qui est Ziggy ? Major Tom est-il revenu sur terre ?

A toutes ces questions demeurées sans réponse, il n’y a qu’une seule solution : Let’s dance !

Vous avez vieilli Monsieur Bowie, but Nothing has changed.