aquarius

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« Les hommes font corps avec la nature, font partie d’un monde global. Ils sont le cosmos. Dématérialisation, gnosticisme, sont essentiels. Les hommes sont des dieux. La sérénité vient de l’égocentrisme, du regard intérieur. La pensée positive est soi. La pensée négative est les autres. Il faut s’en protéger. Seule la fusion entre soi et la nature peut nous sauver. Lorsque chaque être humain prendra conscience de tout cela, l’ âge d’or ou ère du verseau, aura commencé et le monde ne sera plus qu’harmonie. »

La voix suave, à l’autre bout du fil, tentait de convaincre la chose humaine qui se mouvait dans tous les sens. En complet déséquilibre sur la planète hostile, cette chose s’accrochait au fil afin de ne pas tomber dans l’espace sidéral. Elle aurait préféré écouter sa voix intérieure, mais pour une fois, se dit qu’une aide extérieure serait la bienvenue. C’est ainsi que démarra le processus.

« Ferme les yeux, respire profondément, détend toi ! » . Jusque là, tout allait bien. « Imagine que tes pieds s’enracinent dans la terre ; les racines s’enfoncent, de plus en plus profondément, jusqu’au centre de ta planète, là où se trouve le noyau de feu ».

La chose sentit ses jambes s’allonger démesurément et se transformer en lianes tortueuses. Elle ne distinguait plus ses pieds ; d’ailleurs avait-elle encore des pieds ? Rien n’était moins sûr.

« Maintenant, lève un bras vers le ciel,  imagine que tu transperces les couches de l’atmosphère, tu t’élances vers les étoiles, ton corps s’allonge, ton esprit s’élève... »

La chose enracinée s’étira à n’en plus finir et se sentit prise de vertige. Le bas du corps dans une fournaise et la tête dans la fraîcheur céleste ne constituant pas une position des plus confortables.

Elle ne pensait plus. Moitié végétale, moitié chair,  la chose n’était plus que tiraillement entre terre et ciel. Son être nouveau respirait encore mais toute trace d’humanité l’avait déserté.

Bientôt, la monstruosité créée par la voix s’étira tellement qu’elle ne devînt plus qu’une énergie incandescente. Une ligne de feu, terminée aux extrémités par une lueur ronde et bleue vers le ciel, et par des racines noires et crochues vers la terre.

La voix continuait à parler mais la chose n’entendait plus. Au bout d’un moment de stagnation du mouvement, la mer surgit de nulle part, tourbillonna au milieu de la masse incandescente et y creusa un trou. Les vagues se divisèrent en deux. Les unes montèrent au sommet de la lueur bleue, les autres descendirent aux racines. Et tout l’être nouveau fut envahi, ravagé par l’eau de la vie terrestre.

C’est alors que se produisit un phénomène étrange.  La chose incandescente dégorgea d’un reste de chair humaine. Sur le parquet, dans une flaque d’eau salée, surnageaient ses entrailles.

A l’autre bout du fil, la voix s’inquiéta : « allo ? allo ? comment te sens-tu ? »

 

 

13 réflexions au sujet de “aquarius”

    1. C’est un vieux truc ressorti du tiroir. Histoire de réveiller un peu la blogosphère 🙂 qui somnole par ce doux temps printanier ….

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  1. Pour un gourou dans l’oreille, voir un ORL
    Pour un fil à la patte mal noué, voir la garantie du marionnettiste
    Pour le bonheur, le rêver
    Pour se balader sur une autre planète, choisir Opalie.

    Jonas

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    1. Que de sages conseils ! ….que je ne suivrai pas naturellement, indiscipline oblige 🙂
      Toutefois, j’apprécie grandement ton avis sur le sujet. Bizz….

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