rouges d’automne

feuille

Un faisan faisait le paon

au bord de la départementale

menant à la forêt domaniale.

Bientôt suivi d’un second faisan

faisant le paon.

Un joli couple de faisans,

vraiment.

Sur une table de ripailles,

ils seraient très décoratifs.

Garnis de pommes bien rôties,

de quelques cèpes bien choisis.

Une, deux, trois, quatre, cinq, six détonations.

Un bruit d’ailes en émoi jaillit des buissons.

Le coucou s’était tu.

Six coups de fusil pour deux faisans imprudents.

Sur les feuilles rousses, rouge sang.

Une promeneuse rêveuse

se promenait sur le sentier

des noisetiers.

Cheveux roux désordonnés

sur fond rougeoyant de septembre.

On eût dit une esquisse

impressionniste.

Un, deux, trois mâles la guettaient.

Un coup de genoux dans les reins,

la mit face contre terre.

Dans les fourrés ils l’entraînèrent.

Les fusils s’étaient tus.

La peur anéantit la douleur

quand ils la retournèrent

pour planter la lame

droit dans le coeur.

Trois prédateurs pour une proie solitaire.

Rouge sang au goût amer.

***

16 réflexions au sujet de “rouges d’automne”

    1. En écrivant ces quelques lignes, il m’a semblé qu’elles dansaient, alors je les ai laissé faire, à leur guise…:)
      Bises.

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  1. On ne peut pas aimer toutes les saisons. Ton texte pourtant se projette bien plus loin que cette saison oxydée pour nous rapprocher de la cruauté des nôtres. Ceux-là même que nous croisons souvent plume de paon plantée sur le chef. Bien joué Louv’. Bises.
    Jonas

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    1. Plume de paon ou pas, ils s’oxyderont eux aussi. L’automne de la vie n’épargne personne.
      Wouaf ! Dur dur d’être ce que nous sommes. Bises.

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  2. J’ai très peu chassé dans ma vie, mais j’ai appris à tirer assez bien (condition sine qua non pour ne pas tuer son voisin chasseur).
    Pour le reste, hélas…(et c’est encore pire pour les femmes mexicaines qui passent la frontière des USA, hors des postes frontières).

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  3. Tant de gibiers, et tant de prédateurs. On ne sait qui est le plus démuni, des femmes trop naïves ou de ces faisans qu’on lâche dans les champs, à l’automne, incapables d’affronter la liberté. Ton texte est rouge comme la mort.

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    1. Même paré de mille atours, l’automne en soi est une petite mort. Paradoxalement, le rouge sang est la couleur de la vie…

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    1. Je déteste la violence en général, et la chasse en particulier. Toujours facile de tuer plus faibles que soi…
      Bon dimanche Jean-Pierre, bises.

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    1. L’automne est une saison magnifique. Mais il est aussi mélancolique. Heureusement que les poètes existent !
      Bon dimanche Robert, bises.

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