métamorphoses

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Il faut bien me rendre à l’évidence, je suis une laitue.  Quelle drôle d’idée de m’avoir plantée là, sur le trottoir du grand boulevard ! Ma seule distraction est de regarder passer les jambes qui marchent. Admirable occupation que de regarder marcher des jambes, surtout pour une laitue…

C’est sans doute à force de regarder des jambes passer qu’il m’en pousse…

Je quitte mon trottoir. Je gravis des marches, des centaines de marches de béton dans une tour en béton. Au dernier étage les marches à claire voie me donnent le vertige. J’ouvre une porte sur un gigantesque corridor avec des fenêtres aveugles. Le vent souffle fort et l’immeuble entier chavire. Je glisse, je glisse vers le bas. Aucune aspérité pour me retenir, aucun parachute à ma portée…

Il y a belle lurette qu’Alice est reléguée au fond de la bibliothèque. Pourtant…

Je me sens rapetisser et devenir toute rouge. Rouge comme une framboise. Il faut bien que je me rende à l’évidence, je suis devenue framboise. Pas n’importe quelle framboise, une framboise avec des ailes ! Je m’envole et en un éclair, j’atterris sur l’aéroport de Marrakech. Un touriste imbécile, me prenant pour un moustique, claque des mains pour m’écraser. En un superbe looping je parviens à lui échapper. Ouf !

Par quelle diablerie, je ne sais, je redeviens moi-même…

40° sans ombre. Je marche dans un désert. Des silhouettes noires avancent vers moi, une multitude de silhouettes. Quelque chose me gêne dans ma botte droite. En y glissant une main, un serpent s’en échappe. D’un air désopilant, il m’annonce que le petit rat est mort.

Le petit rat est mort…Râ est mort…

Ne pouvant supporter cette horrible nouvelle, je fuis en courant et je me perds dans un labyrinthe de rues inconnues. Une porte ouverte. J’entre et me suspend au plafond. Tranquille dans la pièce vide et immaculée, je médite, comme est capable de méditer une ampoule électrique. Le silence est assourdissant. Soudain j’éclate. Pof ! Extinction des feux…

Je me réveille laitue sur un boulevard….. 

etc…etc…

 

12 réflexions au sujet de « métamorphoses »

  1. Quand je la croiserai cette belle verte, je l’effeuillerai jusqu’à son coeur, puis je poserai ce dernier sur l’oreiller près de moi. Puis je veillerai pour l’empêcher de rêver et de s’enfuir encore.
    Jonas

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    1. C’est en effet la meilleure chose à faire avec un coeur de laitue, avant qu’il ne lui pousse des jambes…ou des ailes 🙂

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  2. Vraiment l’es-tu ? Amateur de verdure et de salade en particulier, j’ai toujours porté beaucoup de considération à ces produits de la terre, je vais devoir leur ajouter une autre dimension chimérique. Bises Dan

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    1. 🙂 En ma qualité de laitue chimérique, je suis très flattée que tu me portes autant de considération, à bientôt Dan !

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