la quête impossible de l’ange

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« Un ange aux ailes noires volait, entre enfer et paradis. Ne trouvant place, ni dans l’un ni dans l’autre, il s’épuisait. »

A peine avais-je commencé à déchiffrer les pages de ce vieux cahier abandonné dans un coin du grenier, qu’un bruissement d’ailes vint me troubler.

Par la lucarne du toit, la lune descendante diminuait à vue d’oeil. Le loup viking en avait déjà mangé une grosse partie.

Altaïr et Véga se disputaient la vedette, mais aucun oiseau ni chauve-souris ne traversaient mon coin  de ciel.

J’en déduis que mon imagination m’avait encore joué un tour et je me replongeai dans ma lecture.

« Durant des siècles, l’ange avait frappé à toutes les portes de l’univers. Il avait supplié qu’on le laisse entrer, qu’on lui accorde une infime parcelle de repos. Las, ses ailes noires de corbeau ne lui valaient que méfiance et quolibets »

Un frisson me parcourut lorsque je sentis cette caresse duveteuse sur ma joue. D’un geste vif, j’écartai ce que je croyais être une araignée baladeuse.

J’avais emménagé tout récemment dans cet immense grenier baptisé loft. Lors de la première visite, j’imaginais déjà les nuits sous les étoiles et les notes de musique se déployant en toute liberté. Aucun autre critère n’avait perturbé mon coup de coeur.

Mon regard fit le tour du plancher et des poutres de chêne. Je n’y vis aucune toile tissée et j’en conclus que cette araignée n’était que de passage.

« Désespéré de tant d’incompréhension, l’ange finit par se résigner. Un jour plus gris que les autres, il décida de se couper les ailes et de se laisser tomber, au hasard d’une page. »

Un souffle soudain tourna les feuillets, sans que j’eusse le temps de lire la suite et de découvrir l’auteur de ce conte. Quand le vieux cahier fut refermé, je sentis la brûlure sous mon omoplate gauche.

 

14 réflexions au sujet de “la quête impossible de l’ange”

  1. Je suis outrée et très triste d’apprendre que dans tout l’univers pendant des siècles ait sévi un tel racisme à l’égard des anges aux ailes noires de corbeau! C’est terrible! Mais j’aime quand même beaucoup ton texte! Heureuse aussi de réécouter ce morceau sublime! Merci Louv’

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  2. Bonsoir Louv’
    j’aime beaucoup cette nouvelle.
    j’en redemande encore et encore
    (sourire)
    les anges ou les elfes existent, mais il faut y croire vraiment pour les voir
    Bisous ma Louv’
    (il est dommage que je ne puisse te mettre une photo de mon ami le loup)

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  3. Jeff Buckley… Oui ! Décidément, tes goûts musicaux sont très sûrs. Cette histoire de grenier ne me réconciliera pas avec les petites bêtes. Pouah.
    Jonas
    PS. Tu trouves toujours d’étonnants clichés.

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    1. Ce qui est pratique sur un blog, c’est justement que tu peux y insérer de la musique et des images qui en disent parfois plus long que le texte qui va avec…Surtout quand les mots restent coincés à l’intérieur de soi.

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