cailloux

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Je ne fus pas surprise lorsque j’aperçus sa minuscule silhouette en tache claire sur le fond gris-bleu d’hiver. Comme un rendez-vous incontournable avec moi-même, elle était là, qui m’attendait.

De son château de sable mangé par les vagues, il ne restait qu’une étoile de mer desséchée qu’elle avait posée au sommet de la plus haute tour. Elle contemplait son étoile en chantonnant :

« non, non, le ciel n’est pas gris,

tireli-reli,

non, non, le vent n’est pas froid,

sha-la-la-la »

En m’approchant un peu, je vis qu’elle était pieds nus. Entre ses orteils coulaient des rigoles d’eau salée qui lui rougissaient la peau. Elle écarta les pouces pour créer des rivières. Ses talons s’enfonçaient dans le sable mouillé.

Quand elle me vit enfin, elle me sourit et me demanda :

« tu m’aides à transporter mes cailloux ?« 

Je remarquai alors son seau en plastique rose, rempli de galets. Pour une si petite fille, c’était beaucoup trop lourd et je m’étonnai de cet étrange manège. Sans attendre que je lui pose la question, elle me dit :

« ce sont des cailloux très importants, je voudrais les mettre à l’abri« 

Elle posa sa menotte sur l’anse du seau et m’invita de son regard blue-jean. Je me penchai un peu et posai ma main sur la sienne. A nous deux, nous soulevâmes le seau qui tout à coup devint aussi léger qu’une plume de goéland. Nous le déposâmes sur une île.

12 réflexions au sujet de « cailloux »

  1. Une aide inespérée qui aurait été la bienvenue au moment où nous en avions tant besoin. Aujourd’hui ma maison est envahit de petits galets rapportés à chaque promenade le long de la côte. A l’inverse du petit Poucet, je ramasse les petits cailloux de mon chemin. Bon Noël grosses bises Dan

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  2. Je me demande si cette petite fille n’est pas celle que tu étais….
    Un récit poétique qui rejoint délicatement les secrets de la petite fille, j’aime cette douceur grave de l’enfance qu’on perd la plupart du temps en grandissant , sauf les poètes comme toi.

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  3. Voici le bonheur qui passe de main en main. Merci à toi Louv’ pour ce moment plein de charme féminin et merci à vous M. Armstrong pour ces notes qui vibrent si bien sur ma colonne vertébrale. Merde, je porte bien la mélancolie.
    Jonas

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