fait frisquet à Frisco

Bald Eagle in mid-air flight over Homer Spit Kenai Peninsula Alaska Winter

Trois années s’étaient écoulées depuis que Marilou était partie à la recherche de Jimmy. A son retour d’Amérique, elle s’était résignée. Jimmy avait bel et bien disparu. Sans doute chevauchait-il sa Harley sur d’autres routes poussiéreuses, dans une autre galaxie. Il l’avait oubliée, c’était certain.

Pourtant, un matin d’Avril, du haut de la falaise, elle crut le reconnaître, qui avançait vers elle. La même silhouette, la même démarche et ce geste machinal de la main dans ses cheveux.

A cet instant, le sang bouillonna dans ses veines et ses jambes tremblèrent. Quand il fut assez près, elle vit cependant que la ressemblance n’était  pas si frappante. Jimmy avait les yeux noirs et cet homme avait le regard clair d’un fou de bassan.

Elle s’était interdite d’amour, comme on s’interdit de casino (pas mal ça, non ?). Pourtant, lorsque l’homme se présenta :« Je m’appelle Jimmy« , Marilou sentit son écorce se briser, sa peau redevenir velours.

L’été de cette année-là fut lumineux, éblouissant et fragile, un véritable été d’opaline.

Arriva l’automne avec ses feuilles mortes qu’on ramasse à la pelle (oui je sais c’est cliché). Le Jimmy fantôme s’évanouit progressivement, comme tous les fantômes, ne laissant derrière lui qu’un goût amer d’orange bleue.

Marilou replongea alors dans ses rêveries lointaines, au-delà des sables de l’infini, par-delà les mers, très loin du phare-baobab. Elle traînassait, ne sachant comment écrire la suite du scénario.

Dans le ventre de la baleine, Jonas s’impatientait. Emma se demandait elle aussi, si la « coffee-machine » était réparée à Bagdad Café. Alma, Dan et quelques autres aimaient bien les histoires, improbables ou pas…Il ne fallait pas les décevoir.

Alors Marilou se décida à reprendre son périple. Elle envoya un message à Bob, le frère de Jimmy (le vrai). Elle le revoyait dans ses frusques de vieil hippy, assis sur son ponton de bois, scrutant la brume de la baie en fumant ses substances illicites.

Bob lui répondit :  » Viens, nous parlerons de lui. Apporte-moi un peu d’Opalie dans ton bagage et  n’oublie pas de prendre un pull. Fait frisquet à Frisco. »

Ces quelques mots suffirent à faire monter la fièvre. Marilou planait déjà à 10 000 mètres d’altitude. Partir, s’évader à nouveau, là-bas, vivre le rêve avant que la vie ne le dévore (merci St Ex).

En cours d’organisation, elle croisa un drôle de personnage, un peu bancal, juste comme elle. Marilou le surnomma « Biquet » et lui offrit de partager son aventure. Ils décidèrent d’atterrir à la ville du péché, d’y faire un peu les fous avant de se perdre sur la route déserte qui mène à Bagdad Café…car une promesse est une promesse !

 

…a desert road from Vegas to nowhere….

 

14 réflexions au sujet de “fait frisquet à Frisco”

    1. Côté humain je ne sais pas, mais comparativement au reste de la Californie, côté météo c’est sûr. Cela dit, c’est une très belle ville.

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  1. Ah Bagdad Café et l’univers d’Opalie qui se télescopent pour notre plus grand plaisir ! Marilou, ton départ est prévu quand, je pars en juin voir mon petit fils dans le Massachusetts (je ne pense qu’à ça, au point d’en négliger mes blogs !)

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    1. J’étais partie quand tu as posté ce commentaire. A l’instant je reviens avec une seule idée en tête : y retourner ! Pssst…: mission accomplie à Bagdad Café 🙂

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  2. Ce sera un trip parfait, foi de baleine. Easy rider pour la route et la mémoire des yeux, Jeans troués pour le fun et musique Us qui se déverse en flot dans le van… (Morrison d’ailleurs) pour les oreilles.
    Je connais un biker nommé Biquet, mais je crois que tous les bikers s’appellent Biquet. Excellent voyage Marilou, que les Dieux des States, s’il en reste, veillent sur toi…
    Bises. Jonas
    PS. Ne mange pas trop de cochonneries. Bois plutôt de la Budweiser. Re.

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  3. Biquet ? Marilou connaît Biquet ? Zut alors, je croyais être la seule !
    C’est toujours un plaisir pour moi de te lire et d’entrer dans ton monde…

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    1. Mais t’étaiou Mony ? Je suis super contente de te retrouver ici 🙂 Alors comme ça, tu connais Biquet ? Celui de Marilou réside en Belgicie…drôle de coïncidence n’est-ce pas ?

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  4. Revoilà Marielou et son équipe ( et ça fait drôlement plaisir), qui ne se prend toujours pas au sérieux….
    Moi aussi je l’accompagne avec enthousiasme, d’autant que l’équipe est sympa et qu’en plus les poètes seront de la fête!
    Bon, Jonas.. faudrait bien qu’il se décide à sortir:)
    Voilà, Louv’, on attend la suite!

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    1. Me prendre au sérieux ? Tu n’y penses pas ! La suite du scénario viendra en temps utile mais il faudra être patiente. C’est loin l’Amérique…A bientôt Alma 🙂

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  5. Tout se met en place pour préparer ce nouveau voyage. Tu ne nous oublies pas et c’est très bien. Les sept vents de l’aventure soufflent déjà dans ta tête et j’espère que cela nous vaudra encore de belle histoires de Marilou. Bises Dan

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