la légende de Long Ma

13507251_10206514952460800_6910242662646934230_nDepuis le 9ème étage du ciel où elle s’est retirée, la déesse Nuwa, créatrice des hommes, observe le monde et s’inquiète pour son devenir. Elle décide alors de s’unir à Fuxi, héros civilisateur, pour engendrer une créature cosmique : Long Ma, mi cheval, mi dragon. Long Ma est doté de pouvoirs surnaturels, il contrôle les éléments, ré-organise l’harmonie et dans ce but, Nuwa l’envoie sur la terre. Guidé par la grande muraille de Chine, Long Ma rejoint Pékin. Fatigué par sa longue marche, il s’endort sous la plus lourde et plus majestueuse pierre de la Cité interdite. Pendant ce temps, une guerre des dieux fait rage provoquant un chaos si grand que le ciel s’ouvre. Réveillée par le vacarme, Kumo Ni, l’araignée géante, profite de la brèche pour s’engouffrer dans le passage ainsi ouvert entre la terre et le ciel. Kumo Ni est à la fois agressive et douce, belle et repoussante. Elle incarne le Yin et le Yang, provoque le déluge, organise le dérèglement mais elle est aussi un guide. Par ses actes, elle révèle l’inconscience humaine. Kumo Ni veut défier Long Ma, lui tendre un piège. Elle provoque son réveil et l’oblige à agir. S’ensuit un interminable combat. Enfin, à l’issue d’une ultime bataille dont elle sort victorieuse, Kumo Ni est émue par la détermination et la loyauté de Long Ma. Avant de disparaître, elle décide alors de le transformer en cheval céleste ailé, lui permettant d’aller refermer le trou béant du ciel. Long Ma s’acquitte de sa mission et retrouve le temple de l’harmonie d’où s’échappe une musique si douce que le cheval dragon s’endort à nouveau. Long Ma restera en Chine pour le restant de sa vie, il en devient le gardien protecteur. (*)

La légende ne dit pas qu’au cours de son long périple, Long Ma s’est posé en terre d’Opalie. En un endroit bien étrange, là où se déroulent les rêves les plus extraordinaires. Il est endormi et silencieusement, des milliers d’enfants de tous âges, viennent contempler son sommeil.20160623_145617 (4)

Il se chuchote partout en ville que Long Ma est à la recherche de Kumo Ni. Les chuchotements réveillent le cheval-dragon, son souffle s’accèlère, ses naseaux fument. Un battement de cils, Long Ma ouvre les yeux et regarde autour de lui…Un frisson parcourt la foule mais les coeurs battent à l’unisson…20160623_150333 (6)

Guidé par une horde de liliputiens savants, encouragé par les enfants d’Opalie, Long Ma se remet en marche. Il parcourt les rues de la ville, s’étonne de ce nouvel environnement. Il s’émeut de constater l’émerveillement des regards et l’immense tendresse que tous lui témoignent.

Mais il n’a pas oublié sa mission et parfois sa fureur explose. Se cabrant de toute sa hauteur, il hurle et crache le feu. Le sol tremble, les goélands s’éloignent, Opalie est en émoi.

13537553_10206514953580828_636453665380110253_nPendant ce temps, suspendue au beffroi de la ville, Kumo Ni attend. Elle a senti la présence de Long Ma, l’ultime combat va bientôt pouvoir commencer. Mais l’araignée est joueuse et fait durer le suspense.  Après avoir descendu du beffroi, Kumo Ni entame une partie de cache-cache avec Long Ma. Elle parade en musique, se fait admirer elle aussi. Elle a tout son temps…kumo5

Ce petit jeu durera trois nuits et quatre jours. Au quatrième jour, la tension est à son comble. Les âmes-enfants d’Opalie n’en peuvent plus de tant d’émotion.

Que va-t-il se passer ? Qui des deux créatures emportera la victoire ? Le bruit a couru bien au-delà des confins de la ville et c’est par plusieurs dizaines de milliers que les spectateurs affluent.

Le soleil est capricieux, les nuages lui volent la vedette, comme s’ils étaient jaloux qu’on ne leur prête guère attention. Tous les regards sont dirigés vers le lieu du combat final où se dressent enfin, face à face, Long Ma et Kumo Ni.13501800_10210060689056924_266348243033955052_n

De battre les coeurs s’arrêtent, les souffles sont coupés….et déjà une douce mélancolie s’insinue dans les esprits. C’est la fin, le rêve est presque terminé…Le spectacle est époustouflant, l’émotion déborde…

Long Ma a fait preuve d’un tel courage que Kumo Ni abandonne le combat et lui permet de réparer le ciel. Le temple de l’harmonie apparaît, la musique s’adoucit….Après un dernier salut à la foule, Long Ma s’endort, apaisé…(**)

A regret, la foule se disperse d’un pas lent. Le regard perdu dans la poésie et le rêve. Un seul mot nous vient aux bords des lèvres : MERCI.

(*) mythologie chinoise, source http://www.france-chine50.com/fr

(**) Unique représentation en Europe, ce spectacle fut organisé dans la ville de Calais en juin 2016. Sous la direction de François Delarozière (compagnie La Machine à Nantes) « père » des créatures fabuleuses et du maître des lieux du Channel Scène Internationale de Calais, Francis Peduzzi. Avec le concours de la Ville de Calais et la région Hauts-de-France.

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terrasse avec vue

feuilles qui volentEn ce doux après-midi de grisaille, Marilou s’est assise à la terrasse du café du Minck, commande une bière blanche, machinalement allume une cigarette. Sur le quai des pêcheurs, une volée de goélands se dispute un poisson éventré. Elle cherche du regard son volatile unijambiste mais ne le trouve pas. Sans doute est-il mort, échoué sur la plage, à moitié dévoré par les crabes. Il n’existe pas de cimetière pour goélands.

De son cabas à l’effigie de la statue de la liberté, elle sort un cahier bleu à spirales, sur lequel est écrit son roman inachevé, en feuillette les premières pages. Des mois qu’elle ne les a pas lues et c’est à peine si elle reconnaît son écriture. Les mots qui défilent lui sont étrangers. Il est trop tard. La haine a fait place à l’indifférence et cette histoire n’a plus aucun sens. Rien n’est pire que le vide sidéral.

La cigarette se consume seule dans le cendrier. D’un geste lent, Marilou écrase le mégot, culpabilise. Quelques rares promeneurs se sont arrêtés pour observer le trafic maritime. Là-bas, derrière la jetée ouest, un ferry attend. Une sirène de police hurle, des silhouettes sombres courent en tous sens. Echappées du bidonville.

Marilou reprend son cahier bleu, le retourne. Au verso vierge des pages noircies, elle écrit : « je vous ai beaucoup aimés »…

all you need is a plum-pudding

plum puddingCa y est, il neige sur WordPress. Ca sent Noël…Non, je ne répèterai pas que je déteste Noël, ses orgies de nourriture et de cadeaux. Noël pour moi, c’est un parfum d’Angleterre, une chanson des Beatles et le famous Plum-pudding !

Le plum-pudding (ou Christmas pudding), c’est ma madeleine de Proust à moi, le dessert que préparait ma grand-mère, plusieurs semaines avant Noël.  Opalie ne se situant qu’à une trentaine de kilomètres des white cliffs of Dover, il était tout à fait naturel que ce pudding deviennent le dessert traditionnel chez nous aussi.

Le plum-pudding, c’est comme le couscous. Chacun y va de sa petite recette et on en trouve de nombreuses sur le web. Je ne résiste pas à vous présenter celle de ma grand-mère, la seule, la vraie.

Ok ?  Let’s go !

Ingrédients : 500 g. de farine, 200 g. de gras de boeuf (ou margarine pour les vegan),  250 g. de raisins Corinthe, 250 g. de raisins Malaga (à épépiner), 250 g. de raisins Sultana ou Smyrne, 250 g. de fruits confits (Angélique, écorces d’orange et citron), 150 g. d’amandes, 150 g. de cassonade, 1 cuillère à café de 4 épices, 3 cuillères à soupe de cannelle, 1/2 cuillère à café de gingembre en poudre, 1 quart de noix de muscade râpée, le jus d’1 orange, 2 œufs, 1 grosse tartine de pain et du Rhum.

Préparation de la veille :  Équeutez tous les raisins, épépinez les raisins Malagas, coupez finement les fruits confits et concassez les amandes. Mettez le tout dans un grand saladier avec la cassonade et les épices, mouillez avec 1 verre de rhum. Mélangez et laissez macérer un jour au frais. Remuez de temps en temps. – Hum, ça sent bon !

Préparation du jour : Ajoutez dans le saladier les oeufs battus, le jus d’orange, la farine, le gras fondu,  la tartine de pain mouillée et émiettée.

Pétrissez le tout longuement (pour éviter que ça colle aux doigts, enfarinez-les). La pâte doit avoir la consistance d’une bouillie très épaisse. Si elle est trop sèche, ajoutez un peu d’eau ou de jus d’orange. Formez une grosse boule.

Prenez un grand linge propre d’environ 50x50cm (torchon ou taie d’oreiller). Etendez-le sur la table et farinez le. Déposez la boule de pâte au milieu et relevez les bords du linge, de façon à former une aumonière. Serrez fortement le tissu à l’aide d’une ficelle.

Cuisson :  comptez une heure à la livre. Plongez la boule emmaillotée dans une grande marmite d’eau froide (l’eau doit couvrir le haut du pudding). Portez à ébullition puis laissez mijoter. Au besoin, ajoutez de l’eau chaude en cours de cuisson.

Une fois la cuisson terminée égouttez le plum-pudding et posez-le sur un plat résistant à la chaleur. Ôtez la ficelle et dégagez-le délicatement du torchon. Retournez-le et mettez-le au frais (il peut se garder plusieurs semaines, voire plusieurs mois).

Lors de cette opération, le plum-pudding, comme les shampoings colorants, va prendre une couleur de plus en plus foncée ! Pas d’inquiétude, c’est normal.

Le jour J, c’est à dire à Noël, faites-le tiédir quelques minutes au micro-ondes et préparez la sauce au rhum ! – Les Anglais utilisent plutôt un « Brandy butter » mais ici nous sommes en Opalie, n’est-ce pas ?

Sauce au rhum :  Faites fondre 50 g. de beurre dans une casserole . Ajoutez-y 2 cuillères à soupe de cassonade, mélangez bien puis ajoutez un bon verre de rhum.

Creusez un trou au milieu du plum-pudding, y déposez 3 sucres. Puis, versez-y un peu de rhum chaud.

Eteignez les lumières et flambez ! Puis servez avec la sauce !

Enjoy !

trop-plein

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Assise sur son rocher, elle me fit penser à la petite sirène.  Immobile, elle contemplait des navires invisibles peuplés de marins fantômes. Je m’installai sur le rocher d’à côté et j’accrochai mon regard à son horizon.

Rien ne troublait notre osmose retrouvée à part la gouaille des oiseaux de mer et le doux clapotis du ressac.

Ce fut elle qui brisa le silence entre nous.

_ »Il y a bien longtemps que je t’attends »

Comment lui avouer que je l’avais presque oubliée ? Qu’elle n’avait plus sa place en mon esprit saturé ? Que notre rencontre d’aujourd’hui n’était que pur hasard ? – pardon à Paul Eluard –

Elle reprit :

-« C’est ce que tu crois, mais je suis toujours là, en toi, partout. Il suffit de t’en souvenir. »

Cette petite fille aux longs cheveux blonds avait l’audace de bousculer mes certitudes. J’admirais son courage.

-« Je sais Marilou. Il te faut déverser le trop-plein, libérer chaque spore, respirer l’envie. « 

Le soir tombait. Une nouvelle étoile nommée Chloé brillait au firmament. Petite fée qui aurait pu être mienne, qu’une bête immonde avait arrachée à la vie. Je n’avais plus de mots…

La petite fille en moi se leva et vint sur mon rocher. Ses minuscules petons mouillés se posèrent sur les miens et elle nicha sa tête dans le creux de mon cou.

Elle me serra très fort à m’en briser les côtes. Animal primitif, mon coeur éponge se mit à dégouliner de toute l’eau salée accumulée…