vous êtes mort Monsieur Bowie

Il y a un an, jour pour jour, je lui souhaitais son anniversaire à ma façon. Trois jours après il avait rejoint l’étoile noire…

Voici ce que j’écrivais one year ago :

« Vous avez vieilli Monsieur Bowie.

Ce matin en ouvrant les yeux sur le monde, je n’ai pas réussi à être blasée, pas encore.

Mitterrand vingt ans déjà, Renaud le retour, et David Bowie 69 ans aujourd’hui !

Trois infos sans réelle importance qui m’ont projetée loin derrière.

Je n’ai pas vu le temps passer.

Y-a-il une vie sur Mars ? Pouvons-nous être des héros, juste pour un jour ? Qui est Ziggy ? Major Tom est-il revenu sur terre ?

A toutes ces questions demeurées sans réponse, une seule solution : Let’s dance !

Vous avez vieilli Monsieur Bowie, but Nothing has changed. »

Aujourd’hui…vous êtes mort Monsieur Bowie,

and nothing has changed…

que faisiez-vous ce jour-là ?

RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / ECPAD / NICOLAS-NELSON RICHARD" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS A picture taken and released by the French Army Communications Audiovisual office (ECPAD) on January 13, 2013, shows French fighter jets arriving at Kossei camp in N'Djamena. France is using air and ground power in a joint offensive with Malian soldiers launched on January 11 against hardline Islamist groups controlling northern Mali. AFP PHOTO / ECPAD / NICOLAS-NELSON RICHARD

Cinq heures du matin, le centre commercial géant de la Côte d’Opale est cerné d’une quinzaine de camions semi-remorques rangés les uns derrière les autres, tous identiques, couleur kaki. Je fais le tour du parking ; comme par magie, la nuit a déposé des avions militaires sur l’asphalte.

« Rafales », « Mirages » et autres « Alpha jet » se dressent, majestueux, dans le petit matin. Une trentaine de soldats court dans tous les sens ; le capitaine Muller (c’est le nom que je lui donnerai ici) hurle ses ordres. A l’intérieur du centre commercial, tout est chamboulé. Les allées sont envahies de métal kaki contrastant bizarrement avec les vitrines des magasins aux couleurs « fun » de cet automne.

Avec mes techniciens, je m’intègre dans l’équipe de soldats et nous obéissons aux ordres du capitaine Muller, qui dirige les opérations de main de maître. C’est très drôle et exaltant. J’ai toujours adoré l’aviation mais je n’aurais jamais imaginé être sous les ordres de l’Armée de l’air l’espace de quelques heures !
Ce soir, nous inaugurons la prestigieuse exposition « Des ailes et des hommes » inédite dans la région et ma foi, j’en suis fière.
Il est midi ; le public afflue, en admiration. Les soldats jouent leur rôle pédagogique, transmettent leur passion à des gamins qui rêvent déjà de gagner le « super lot » du concours organisé par l’armée : un aller-retour à bord d’un « Mirage » jusqu’à la base de Salon-de-Provence.
Satisfaite, je m’octroie le droit de souffler un peu…
Vers quinze heures, le centre commercial est bondé, pari gagné. Je me trouve dans mon bureau, au premier étage, quand soudain, le capitaine Muller frappe à la porte : « excusez-moi, il se passe quelque chose de grave, m’autorisez-vous à allumer la télévision dans votre salle de réunion ? »
Sur l’écran, un film catastrophe….non, ce n’est pas une fiction. Ahuris, paralysés de stupeur, nous regardons les avions qui explosent sur les tours de Manhattan. On dirait un jeu vidéo, nous ne pouvons y croire …
Quelques minutes après, les téléphones sonnent de toutes parts. Le capitaine Muller m’annonce que l’Etat major est sur le pied de guerre, prêt à intervenir. Tous les gradés ne pourront être présents ce soir pour l’inauguration. D’un air mi-grave, mi-ironique, Muller me dit :« nous pouvons être rappelés d’un instant à l’autre ; dans ce cas je serai dans l’obligation de vous laisser mes avions …. »
Comme des automates, nous continuons malgré tout à préparer la réception prévue pour nos illustres invités du soir mais le coeur n’y est pas. Chacun a en tête, les images terrifiantes que la télévision passe en boucle. Un mauvais film ou un cauchemar, on ne sait plus exactement…
Le lendemain matin, 12 Septembre 2001, le monde entier est choqué. Sur le parking du centre commercial, les avions sont toujours à leur place et les soldats toujours présents. Apparemment, rien n’a changé.
Un sentiment étrange m’envahit ;  de l’autre côté de l’Atlantique, c’est l’horreur absolue. Ici, la silhouette impressionnante mais rassurante des engins de guerre prend une nouvelle dimension, celle de la peur…

et vous, que faisiez-vous ce jour-là ?

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billet court mais pas improbable du tout

« Attention, talent !
Comment ne pas s’attacher à « ça » après l’avoir lu ? « Ca » qui, bien que baignant dans une « réalité ésotérique » et beaucoup trop bref, transpire de sensibilité, de lucidité, de clarté dans l’écriture, bref, de talent.
On relève chez l’auteur, un climat, une identité, une authenticité, un besoin d’exprimer, d’exorciser même, par l’écriture, ses états d’âmes, de frayeur et d’amour.
Nous sommes aux antipodes de la démonstration stérile qui vise à se la jouer technicienne de la rhétorique ou démagogue des émotions. On est intrigué par ce qu’on lit et on s’attache, à travers le style, à celle qui l’a écrit. En souhaitant très vite en lire davantage. »

Cet élogieux commentaire anonyme, posté sur Edilivres à la sortie de mon recueil « histoires courtes et improbables », n’a pas provoqué chez moi un gonflement subit des chevilles, je vous rassure. Pourtant, j’avoue qu’il m’a fait un énorme plaisir. D’ailleurs, si l’auteur lit ce billet, je le remercie (un peu tardivement) chaleureusement.

Alors….Eh bien, voici venu le temps des vacances…

Trois heures de vol ? Deux heures de TGV ? Bronzette recto-verso sur une plage exotique ?

Mon recueil papier ne prend pas de place dans la valise ! Et dans sa version numérique, là franchement vous n’avez plus d’excuses !

Un petit coup de pub ne fait de mal à personne, non ?

histoires courtes et improbables

http://www.edilivre.com/histoires-courtes-et-improbables-20e0a83c5f.html

un papillon sur le nez

papillon

Les martinets volent haut ce soir. Sur la lande, une famille de lapins s’ébroue. A la lueur complice du soleil déclinant, le lilas et le cerisier ont restreint leur espace de timidité ; ils se content leur amour végétal.

A cette heure-ci, les chats de Rome se prélassent sur la pierre chaude de la tombe de Keats et Shelley. A cette heure-ci, quelqu’un guette le rayon vert, quelque part devant la mer.

A cette heure-ci, les charognards tournent au-dessus des corps de femmes mutilés, exposés nus. Les déserts de cailloux rougis de chairs déchiquetées, hurlent. Satisfaite et repue, la vermine s’est retirée.

A vivre avec un papillon posé sur le nez, le monde est flou. A fuir dans les rêves, les déserts ne sont qu’océans de dunes blondes que caresse le vent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

marceline, pascal et moi

Coup de coeur

A contre-courant de son époque, Marceline Desbordes, grand poétesse du XVIII è siècle, est surprenante de modernité. Ses mots, simples et justes, sont avant tout une sonorité musicale.

Pascal Obispo lui rend  hommage en nous offrant un éventail de ses plus grands poèmes, dans son dernier album : « Billet de femme« .

…parce-que demain est toujours un autre jour.

music power

« Sans la musique, la vie serait une erreur » – Nietsche

« Le pouvoir de la musique commence où finit le pouvoir des mots » – Wagner

« La musique adoucit les moeurs » – Aristote

Tout le monde est à peu près d’accord avec ces citations célèbres. Immédiatement nous avons tendance à penser que notre bien-être dépend de la musique douce, symphonique, gaie, légère…Eh bien pas forcément !

Selon certaines études récentes, et contrairement à l’opinion populaire, la musique dite « extrême », c’est à dire heavy metal, hard rock, punk…etc, peut apporter les mêmes effets bénéfiques. Ce style de musique ne provoque en rien l’agressivité ou la haine chez l’être humain. Comme toutes les musiques, elle produit une décharge de dopamine dans le cerveau, contribuant à « nettoyer » les émotions négatives.

Qui n’a pas, après avoir assisté à un concert de hard rock, ressenti cette euphorie, cette impression d’être « les rois du monde »…Que fait le public du Bataclan en réaction au drame du 13 novembre ? Il retourne au concert. Et pas seulement par défi ou hommage. Non, les gens ont besoin de communier dans la musique afin d’exorciser le mal. Que cette musique soit extrême ou pas.

Individuellement, c’est un peu le même principe. C’est la raison pour laquelle je vends mon âme à Satan chaque fois que nécessaire !

A écouter très fort…

rupture

femme rails

Je te quitte mon amour.

Je t’aime mais je te quitte.

Y-a-t-il une raison à cela ?

Il y en a une, il y en a cent, il y en a mille.

Torture des nuits sans sommeil, guettant les lueurs de l’aube libératrice. Supplice du manque de toi. Kilomètres parcourus à te chercher. Défaillance, culpabilité.

Te trouver enfin, me précipiter vers toi, m’apaiser.

Ouvrir ton écrin, fébrilement caresser le soyeux de ta tige, humer ton essence. T’allumer et sentir la brûlure en toi, qui me gagne. Poser ma bouche à ton extrémité et aspirer jusqu’à l’ivresse…

Addict, accro, esclave, aliénée. Tu étais mon  refuge, ma terre promise, mon havre de paix.

C’est terminé mon amie, mon amante, mon aimée, je m’envole, je m’en vais.

Bye bye love, sorry angel, je t’aimais oui mais…