billet court mais pas improbable du tout

« Attention, talent !
Comment ne pas s’attacher à « ça » après l’avoir lu ? « Ca » qui, bien que baignant dans une « réalité ésotérique » et beaucoup trop bref, transpire de sensibilité, de lucidité, de clarté dans l’écriture, bref, de talent.
On relève chez l’auteur, un climat, une identité, une authenticité, un besoin d’exprimer, d’exorciser même, par l’écriture, ses états d’âmes, de frayeur et d’amour.
Nous sommes aux antipodes de la démonstration stérile qui vise à se la jouer technicienne de la rhétorique ou démagogue des émotions. On est intrigué par ce qu’on lit et on s’attache, à travers le style, à celle qui l’a écrit. En souhaitant très vite en lire davantage. »

Cet élogieux commentaire anonyme, posté sur Edilivres à la sortie de mon recueil « histoires courtes et improbables », n’a pas provoqué chez moi un gonflement subit des chevilles, je vous rassure. Pourtant, j’avoue qu’il m’a fait un énorme plaisir. D’ailleurs, si l’auteur lit ce billet, je le remercie (un peu tardivement) chaleureusement.

Alors….Eh bien, voici venu le temps des vacances…

Trois heures de vol ? Deux heures de TGV ? Bronzette recto-verso sur une plage exotique ?

Mon recueil papier ne prend pas de place dans la valise ! Et dans sa version numérique, là franchement vous n’avez plus d’excuses !

Un petit coup de pub ne fait de mal à personne, non ?

histoires courtes et improbables

http://www.edilivre.com/histoires-courtes-et-improbables-20e0a83c5f.html

marceline, pascal et moi

Coup de coeur

A contre-courant de son époque, Marceline Desbordes, grand poétesse du XVIII è siècle, est surprenante de modernité. Ses mots, simples et justes, sont avant tout une sonorité musicale.

Pascal Obispo lui rend  hommage en nous offrant un éventail de ses plus grands poèmes, dans son dernier album : « Billet de femme« .

…parce-que demain est toujours un autre jour.

le corps, les mots, les maux

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…parce-que la source de mes larmes est tarie, parce-que les mots ne viennent pas, parce-que ma peau est en feu…

J’en appelle à Paul Eluard, encore.

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désirs
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

 

heure d’hiver

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La nuit s’est étirée comme une chatte

et l’heure d’hiver s’est lovée

au creux de ses pattes.

Une heure en suspens

qui attendait derrière la porte.

Je l’ai attrapée au vol,

lui ai murmuré quelques mots doux

pour l’apprivoiser.

Sur l’écran noir de cette heure blanche,

je t’ai volé un baiser.

M.D.

Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce?
Un serment fait d’un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,
Un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer;
C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,
un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d’un peu se respirer le coeur,
Et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme!

Edmond Rostand – ( Cyrano de Bergerac)

H comme …

le tombeau des lucioles

Hiroshima Day

I believe there must be bones

Under the paved street

Shigemoto Yasuhiko – 1945

L’enfant dans le parc

Le parc sous la cendre

Plus un rire plus un souffle.

Yann Blanchart – 2015

H comme Hiroshima, H comme horreur, H comme haïku

Autre temps, autre génération, même émotion.

bleu comme une orange

 « Il nous faut peu de mots pour exprimer l’essentiel » . Mais les mots me manquaient ce jour-là. Pour en avoir noirci mille pages, pour les avoir prononcés mille fois, la source s’était tarie.

« Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin… » je scrutais l’horizon, transperçant la brume de mes pensées vagabondes. « Un orage emplit la vallée, un poisson la rivière »…la vallée était vide et la rivière desséchée. Et je m’apprêtais à refermer la page.

Quand je l’entendis qui gémissait. Il était là, à terre, piétiné, bafoué. « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous » me susurrait cette drôle de voix venue d’ailleurs. Il semblait inconsolable et je craignais qu’il inondât ma planète. Mais j’étais émue et lui murmurai « pleure, les larmes sont les pétales du coeur ». 

Curieusement, mes paroles produisirent l’effet contraire, et il se mit à rire. Un peu vexée je lui tournai le dos. C’est alors qu’il m’entoura de la tiédeur de ses ailes. A l’instant je lui pardonnai sa ruse et fondis comme Chamallow dans la bouche.

Des jours durant, qui me parurent des siècles, « j’adorais l’amour comme à mes premiers jours ». Puis, ce démon farceur disparut soudainement de mon tableau surréaliste. Ne laissant sur mes lèvres que l’étrange saveur douce-amère d’une orange bleue.

« Rien n’est simple ni singulier » ….me rappela cette drôle de voix venue d’ailleurs.

 

paul eluard

Merci à Paul Eluard, de m’avoir prêté ses mots.

un jour Verdun

Champ de croix sur champ de guerre.

Vertige de l’immensité.

Fantômes qui hurlent « n’oubliez jamais ».

Jimmy voulait voir Verdun.

Quelle drôle d’idée !

Le dormeur du val

coquelicots noir et blancC’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud.