une île

 

Entre rêve et réalité,  au bout du bout du monde, il est une île.

Comme sur toutes les îles battues par les vents, les nuages n’y stagnent pas. En son coeur de craie résonnent les rires cristallins des lutins faiseurs de bonheur. Au creux de ses herbes hautes fredonne la musique douce du temps suspendu.

Refuge des oiseaux aux ailes brisées, l’île les berce, comme la lune berce les enfants qu’on a délaissés.  Pour qu’ils s’endorment, apaisés. Mais aucun n’y reste, jamais.

Ici ou là,  hier ou demain, il est une île. Une bulle, un havre, un cocon, une  parenthèse. Qui soupire lorsque s’envolent les oiseaux réparés.

 

 

 

le temps

oiseau ballon

Le temps qui passe, le temps qui court,

courir après le temps, prendre son temps..

Le temps, notre meilleur ennemi.

En ce temps-là,

je croyais avoir tout le temps.

Il faut longtemps,

avant d’admettre

que l’on n’aura pas le temps.

Et puisque l’on ne peut retenir le temps,

j’ai cessé de lui courir après.

Il reste si peu de temps

que je veux lui consacrer

tout mon temps.

Il y a un temps pour tout.

Un temps pour vivre,

un temps pour rien…

Le temps passé à rien

n’est jamais un temps perdu.

Le seul temps perdu

est le temps passé sans amour.

jazzy mood

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Place des Lices, ils ont immortalisé Louis.

Les artistes sont partis.

Nicolas, Benoit, Cédric, les autres et Jimmy…

Ils ont plié bagage, le jazz s’est fait la malle,

emportant avec lui l’ivresse et l’oubli.

Vannes somnole et baisse les rideaux.

L’eau du port clapote,

quelques dernières notes…

Et Louis reste seul sur son mur de béton,

…regard étonné

sur un rêve évaporé…

l’été

L’été est là, je n’avais pas remarqué. Le temps file comme un TGV.

La ville transpire, suffoque. La poussière colle à la peau et sous les semelles l’asphalte brûle.

« Cherche moi une chanson d’été ! »

Impassible, la statue du grand Charles  regarde les enfants s’ébrouer dans la fontaine. Jeux interdits et innocents de l’été urbain.

« Une chanson d’été ? Ce n’est pas facile, l’automne est plus propice« 

Là-bas, la Volane chante et roule ses cailloux. Une bouteille dans l’eau, au frais.

« Je voudrais une chanson d’été rocailleuse et sensuelle »

Ils ont déserté la ville et la mer a mangé la craie de la falaise. J’ai le dos et l’âme qui dégoulinent.

« Paris s’éveille, c’est aussi l’été »

Café brûlant sur fond de jazz. Sur les toits dansent les chats. Mes fantômes au soleil roulent les airs…

C’est l’été ; je n’avais pas remarqué. Le temps file comme un TGV.

TGV…

 

épitaphe

vol d'oiseaux

La blogosphère est un poumon qui respire.

Terre d’asile où naissent et meurent les mots écrits.

Tous ces cris, ces appels qui se tordent, se dressent.

Toutes ces mémoires qui se souviennent, pleurent et rient.

Ces vies témoignées, ces rêves inventés,

Ces rimes volantes…

Les âmes des blogs sont des oiseaux de passage,

au plumage chatoyant,

qui se posent le temps d’une saison.

Elles virevoltent, font la roue,

trois petits tours et puis s’en vont…

Au grand cimetière des mots

offerts en pâture,

s’alignent les tombes

avec pour seule épitaphe :

« ce blog n’existe pas« …

Mais où vont-ils donc les mots écrits ?

Vers quelle galaxie ?