orage

Le ciel est lourd et gris comme un chagrin d’amitié.

L’horizon s’est perdu. Immobile et silencieuse, la mer s’est faite métal. Les ailes et les voiles sont repliées, dans l’attente d’un dénouement.

Plus un souffle…

J’ai la gorge sèche et le dos qui dégouline.

Il fait soif.

Et dans ma tête, cette route à l’asphalte brûlant, menant vers nulle part. Et ce vent chaud qui me cartonne les joues. Le GPS qui devient fou et la GoPro qui avale les miles aux mille visages…et ce coyote qui nous fixe…

Les cumulonimbus s’amoncellent, il fait presque nuit. Un frisson me parcourt, j’ai froid maintenant. Gonflé de rancoeur et d’amertume, le ventre du ciel est prêt à éclater.

Qu’il se libère, enfin !

Soudain un éclair violet, puis grondement de tambour. Les nuages se déchirent, tentent de s’enfuir, effarés. Un autre éclair illumine la plage toute entière. Les tambours se rapprochent…

Une grosse larme de pluie me tombe sur le crâne, puis deux, puis trois…Enfin le ciel pleure et creuse des cratères fumants dans le sable.

Et dans ma tête, les colliers de perles pendus aux arbres qui ruissellent. Nous pataugeons dans les flaques et rions comme des fous. La sirène du bateau nous salue une dernière fois.

Et cette musique qui ne me lâche pas….

à toi

« Les hommes n’ont plus le temps de rien connaìtre. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi ! »

Antoine de St Exupéry.

 

Un jour je me suis allongée

sur la rive de l’Amitié.

Là où le sable est plus doux,

les galets moins rugueux.

Droit dans les yeux

nous nous sommes reconnus.

Il est unique, je suis unique.

Il existe là-bas,  j’existe ici.

Nous le savons et ça suffit.

Mots écrits,  éclats de rires,

aveux et  SOS parfois,

ont tissé cette intemporelle,

que l’on nomme certitude.

On tombe en Amitié

comme on tombe en Amour.

D’explication

ne cherchez pas !

Il n’y en a pas.

« One more time, just for you ! » :