mon arbre

On dit que lors des grands incendies de l’été, les arbres pleuraient, et je me suis souvent demandé ce qu’ils pensaient de nous…

Alors je donnai rendez-vous à mon hêtre, celui que j’aime parmi tous les arbres de la forêt. Il n’avait pas l’air particulièrement triste, juste un peu pensif. Sans doute appréciait-il comme moi, le silence d’après les vacances.

D’abord je l’enlaçai, comme d’habitude, pour l’assurer que j’étais toujours là. Sa peau rugueuse et velue avait conservé la tiédeur d’un soleil pâlissant.

Puis je me suis assise sur ses grands pieds et l’ai écouté…

Il me dit être au courant du terrible fléau qui avait détruit tant de ses amis. Les racines et le vent avaient bien transmis le message, mais il n’avait pas bien compris la cause de ce désastre.

J’étais confuse et ne savais que répondre…

S’apercevant de ma mine déconfite, il tenta de me rassurer en me caressant de ses branches basses.

Me relevant, je posai ma joue contre son coeur et l’entendis battre…

Un seul mot me vint à l’esprit : pardon.