une colline en utopie

Un jour il fallut me rendre à l’évidence, les gens d’ici étaient devenus raisonnables et ennuyeux. Tellement ennuyeux que l’ennui me gagna.

J’avais cherché en vain des pépites dans leurs yeux, des sourires illuminés, des gestes grands et généreux. Je n’avais trouvé que visages fermés, rêves étriqués, regards vides, gestes robotisés. Rien qui me ressemblât.

La tortue qui porte le monde sur son dos ne passait plus depuis fort longtemps. Le phare baobab s’était éteint, le goéland unijambiste s’était envolé, la dernière fleur de bitume avait fané de morosité.

Opalie avait bien changé depuis que la folie s’en était éloignée et elle me désespéra.

C’est alors que j’eus l’idée de rejoindre le fou sur la colline.

De bon matin, je me mis en route, le coeur léger et plein d’espérance. Sûre que nous allions nous entendre lui et moi.

Personne ne lui parle et il ne parle à personne, m’a-t-on dit. Sa différence conviendra donc à ma différence.

Et nous regarderons ceux d’en-bas et nous planterons nos yeux dans les étoiles, et nous ferons le tour du monde allongés sur l’herbe…et nous…

La pente est rude et escarpée. Les pierres qui roulent sous mes pas se gaussent de me voir si allègre. Un bout d’arc-en-ciel flotte encore à l’horizon et se meurt doucement dans les lumières pâles sur la colline.

Déjà je n’entends plus les bruits de l’humanité ; seul me parvient le son d’une cloche dans le lointain. La fraîcheur du vent de hauteur me surprend un peu et je resserre mon écharpe.

A bout de souffle, je lâche mon bâton et j’appuie mon dos sur celui d’un olivier. En bas, s’étalent les verts et les ocres, paisibles. De minuscules toits de tuiles roses forment des tâches impressionnistes, sur lesquelles rampent les nuages.

Je suis seule ici. Aucune trace de folie…

En avançant un peu vers le vide, se dévoile un banc de pierre, isolé. Quelqu’un y a laissé des miettes de pain, sans doute pour les oiseaux, et un cahier bleu.

Sur la première page sont écrits ces mots :

« Ne me cherchez pas ici. J’étais fou de penser que l’on puisse vivre sans vous. Quand vous lirez ces quelques lignes, je serai redescendu de la colline ».

But the fool on the hill
Sees the sun going down
And the eyes in his head
See the world spinning ’round…

all you need is a plum-pudding

plum puddingCa y est, il neige sur WordPress. Ca sent Noël…Non, je ne répèterai pas que je déteste Noël, ses orgies de nourriture et de cadeaux. Noël pour moi, c’est un parfum d’Angleterre, une chanson des Beatles et le famous Plum-pudding !

Le plum-pudding (ou Christmas pudding), c’est ma madeleine de Proust à moi, le dessert que préparait ma grand-mère, plusieurs semaines avant Noël.  Opalie ne se situant qu’à une trentaine de kilomètres des white cliffs of Dover, il était tout à fait naturel que ce pudding deviennent le dessert traditionnel chez nous aussi.

Le plum-pudding, c’est comme le couscous. Chacun y va de sa petite recette et on en trouve de nombreuses sur le web. Je ne résiste pas à vous présenter celle de ma grand-mère, la seule, la vraie.

Ok ?  Let’s go !

Ingrédients : 500 g. de farine, 200 g. de gras de boeuf (ou margarine pour les vegan),  250 g. de raisins Corinthe, 250 g. de raisins Malaga (à épépiner), 250 g. de raisins Sultana ou Smyrne, 250 g. de fruits confits (Angélique, écorces d’orange et citron), 150 g. d’amandes, 150 g. de cassonade, 1 cuillère à café de 4 épices, 3 cuillères à soupe de cannelle, 1/2 cuillère à café de gingembre en poudre, 1 quart de noix de muscade râpée, le jus d’1 orange, 2 œufs, 1 grosse tartine de pain et du Rhum.

Préparation de la veille :  Équeutez tous les raisins, épépinez les raisins Malagas, coupez finement les fruits confits et concassez les amandes. Mettez le tout dans un grand saladier avec la cassonade et les épices, mouillez avec 1 verre de rhum. Mélangez et laissez macérer un jour au frais. Remuez de temps en temps. – Hum, ça sent bon !

Préparation du jour : Ajoutez dans le saladier les oeufs battus, le jus d’orange, la farine, le gras fondu,  la tartine de pain mouillée et émiettée.

Pétrissez le tout longuement (pour éviter que ça colle aux doigts, enfarinez-les). La pâte doit avoir la consistance d’une bouillie très épaisse. Si elle est trop sèche, ajoutez un peu d’eau ou de jus d’orange. Formez une grosse boule.

Prenez un grand linge propre d’environ 50x50cm (torchon ou taie d’oreiller). Etendez-le sur la table et farinez le. Déposez la boule de pâte au milieu et relevez les bords du linge, de façon à former une aumonière. Serrez fortement le tissu à l’aide d’une ficelle.

Cuisson :  comptez une heure à la livre. Plongez la boule emmaillotée dans une grande marmite d’eau froide (l’eau doit couvrir le haut du pudding). Portez à ébullition puis laissez mijoter. Au besoin, ajoutez de l’eau chaude en cours de cuisson.

Une fois la cuisson terminée égouttez le plum-pudding et posez-le sur un plat résistant à la chaleur. Ôtez la ficelle et dégagez-le délicatement du torchon. Retournez-le et mettez-le au frais (il peut se garder plusieurs semaines, voire plusieurs mois).

Lors de cette opération, le plum-pudding, comme les shampoings colorants, va prendre une couleur de plus en plus foncée ! Pas d’inquiétude, c’est normal.

Le jour J, c’est à dire à Noël, faites-le tiédir quelques minutes au micro-ondes et préparez la sauce au rhum ! – Les Anglais utilisent plutôt un « Brandy butter » mais ici nous sommes en Opalie, n’est-ce pas ?

Sauce au rhum :  Faites fondre 50 g. de beurre dans une casserole . Ajoutez-y 2 cuillères à soupe de cassonade, mélangez bien puis ajoutez un bon verre de rhum.

Creusez un trou au milieu du plum-pudding, y déposez 3 sucres. Puis, versez-y un peu de rhum chaud.

Eteignez les lumières et flambez ! Puis servez avec la sauce !

Enjoy !