Back to the roots – de Nashville à Memphis

« Où vas-tu, l’Amérique, dans ta voiture brillante dans la nuit ? » – Jack Kerouac –

Au cours de ce périple du retour aux sources, il était impossible d’éviter Nashville et Memphis. Pourtant je ne m’attarderai pas à vous les présenter. Les guides touristiques y pourvoient largement. Je pourrais vous conter la folie nocturne de leur « downtown ». Je pourrais vous parler de Broadway Street, de Beale Street, du Hall of Fame, du Sun Studio, de Graceland…Tous ces lieux cultes chers aux musiciens et amoureux de cette musique dite diabolique. Pourtant, ce que je retiens de ce voyage, c’est tout autre chose.

C’est sur la route que mon attention s’est focalisée. Ce sont ces kilomètres parcourus sans rencontrer âme qui vive. C’est Natchez Trace, interminable ancienne piste qu’empruntaient à pied les Amérindiens et les premiers colons. C’est ce grand pêcheur « black » qui nous raconte sa vie de soldat basé en Belgique pendant la guerre du Koweit. C’est ce troquet en pleine cambrousse qui nous sert de la bière tiède dans des bocaux à confiture. Sur le parking, un Pick-up affligé d’une banderole « Trump ». C’est Bentonia où nous cherchons désespérément le patron du « Blue Front Café »….

Ce sont ces pelouses immenses devant chaque maison, toutes tondues à longueurs égales, au brin d’herbe près. C’est un coyotte, un raton-laveur, des écureuils, des chiens de prairies qui traversent la route et nous émerveillent. Ce sont ces panneaux étranges « adopt a highway » qui nous intriguent. Ce sont ces gens qui nous accueillent toujours avec le sourire, ravis de rencontrer des Français. Ils ont tous un parent, un ami, qui a visité la France. Ils ignorent où se situe Paris mais rêvent d’y aller un jour. Souvent ils nous demandent si nous produisons nous-mêmes notre vin….pendant qu’ils nous offrent un Cabernet de Californie dans un gobelet en plastique ! J’aime cette Amérique-là.

Malgré la Country en Santiags, le rock tatoué et le blues sulfureux des bars ou clubs de Nashville et Memphis, je n’ai pas accédé à ma quête de l’âme de la musique. Non, elle se trouve ailleurs…Direction Clarksdale….au prochain numéro !

Mais en attendant, enjoy le « Memphis sound » avec Jason James, enregistré au Jerry Lee Lewis Café !