je suis singe

D’après l’astrologie chinoise, voici ce que nous réserverait 2016 :

« On peut s’attendre à tout et surtout à l’inattendu… Prenez des risques, tout s’arrangera… Le singe sait s’arrêter à temps… Ne soyez ni sage, ni réfléchi, c’est inutile. Votre raison ne vous sortira pas d’affaire…

Ces années réservent toujours quelques facéties… Tout peut arriver, le meilleur comme le pire… Idées nouvelles mais aussi révolutions, émeutes… C’est la pagaille, l’anarchie et le singe s’amuse. »

Considérant le fait que les phares-baobab ne sont que le fruit de mon délire et que les renards, aussi philosophes soient-ils, ne parleront jamais.

Je te le dis à toi, Tonio : c’est foutu !

Il ne nous reste plus qu’à être singe !

Au diable la planète, que la relève se soulève enfin ! Que le Chaos engloutisse les barbares, les amis de pacotille, les amours imposteurs et les cons !

Buvons et dansons sur la tombe de l’année qui s’achève ! Ne soyons ni sages ni réfléchis ! Et que les fous se rassurent, ils auront leur place à notre table.

A ta santé Petit Prince

et bonne année à vous qui passez…

 

dis au fennec

Mon cher Tonio,

Cette lettre, je n’aurais jamais voulu te l’envoyer.  Tu sais combien je tenais à venir te voir ; il y a bien longtemps que je t’en ai fait la promesse. Les mois ont passé et pas un seul jour je n’ai cessé de penser à toi et au fennec.

Aujourd’hui c’est trop tard et je n’irai pas à Cap Juby, c’est un fait.

De toutes mes forces j’avais rêvé rejoindre ta haute silhouette au bout de la piste d’aviation. Entendre ton rire moqueur à la vue de mon accoutrement de baroudeuse. Marcher avec toi jusqu’à l’océan, t’écouter me parler de ce temps jadis, quand tu côtoyais les étoiles. Puis gravir la dune et savourer le silence en égrenant le sable dans nos doigts.

Mais le sable est rougi du sang des insoumis et le silence se trouble de leurs cris. L’ombre de la bête s’étend chaque jour un peu plus sur les déserts qui tremblent.

Ils sont devenus fous, tu sais.  On dit même que des enfants de France le sont devenus aussi. Ceux-là ont tout oublié du petit prince. Alors j’ai honte. J’ai honte et j’ai peur, Tonio. 

Ne m’en veux pas, je t’en prie, mais je ne viendrai pas à Cap Juby.

Prends bien soin du fennec et dis-lui que je regrette de ne pas l’avoir rencontré.

fennec 2

folle planète

Les loups sont à la porte de Paris. Une colonie de phoques a déserté sa banquise pour s’installer en Opalie…

Un président a rangé son casque de scooter et prend des airs graves pour annoncer la réforme des fiches de paie…pendant que l’Afrique saigne…Dérision…

Les clowns sèment la terreur, pendant que de gentils zombies réclament leurs bonbons d’Halloween… Erreur de casting…

Nous sommes le 31 octobre et les chrysanthèmes font la gueule. J’ai ressorti le pastis et les olives sur la terrasse du jardin, ici, dans mon grand nord….à moins que vous ne préfériez un petit rosé de l’été ?  Il doit m’en rester quelque part, dans un vieux souvenir….Pour un peu, je m’allongerais sur la pelouse pour y brouter l’herbe….

La planète déjante, grave.

Et moi je rêve encore et toujours…. Elle est si loin l’Amérique, si floue la route 66 de mon souvenir….J’aimerais tant savoir s’ils ont enfin réparé the coffee machine au Bagdad Café.

Et puis quoi ?

A chacun son grain de folie….

Heureux les fous qui  vivent  leur rêve.

Heureux les fous qui abattent les montagnes.

Heureux les fous qui bravent les interdits. 

Heureux les fous de vie !