message à la nuit

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« Comment vas-tu ? ». Trois mots dans la nuit, qui crèvent l’écran.

Les mains sur le clavier qui s’apprêtent à répondre « bien, merci« , et qui soudain, sans raison apparente, sans qu’on puisse les retenir, entrent en révolte.

Les lettres s’entrechoquent, s’entrecroisent, composent des mots politiquement incorrects. Des mots presque indécents, qui soudain n’en pouvant plus d’être prisonniers, éclaboussent la toile, se livrent, nus : « mal, j’peux pas dormir, j’fais qu’des conneries ».

Du tiroir aux secrets dégorgent les non-dits. Un ruisseau coule entre les doigts, gonfle et se transforme en un fleuve qui emporte avec lui le poids du silence…

Le curseur s’arrête un instant, reprend souffle. Puis, d’un coup sec, l’index appuie sur « envoyer« . Trop tard pour avoir des regrets.

A l’autre bout de la nuit, l’écho répond. Echange de maux… »moi non plus je ne dors pas, d’ailleurs je ne dors plus… »

Et la planète continue de tourner. Les gens vivent, les gens s’aiment, les gens meurent. Pendant que tambourinent les mots aux portes de la nuit.