flaque de lune

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Le ciel était noir corbeau. Nous étions au solstice de printemps ; il faisait frisquet ce soir-là. Je m’apprêtais à tout fermer, quand il me sembla que le jour était revenu…

Un jour blanc bleu mouillé.

En pointant le nez dehors, je vis la flaque, gisant là dans ma rue. Profitant de l’aubaine, un couple de moineaux s’y ébrouait.

Sa lumière opale m’éblouit et je chaussai mes lunettes de lune. D’une main hésitante, j’effleurai la surface glacée, qui frémit.

Dans son silence inerte,  elle implorait qu’on lui rende son firmament. Quelqu’un l’avait décrochée et laissée pour compte, brisée, fracassée en mille éclats.

L’affaire n’était pas simple et je fus désemparée. Afin de gagner du temps, je commençai à lui raconter des histoires. Puis je la berçai en musique.

Au matin du vrai jour, elle pâlit et finit par s’éteindre. Sur mes doigts perlaient quelques gouttes de sang.

Je rangeai mes lunettes de lune et me pris à rêver. A l’impossible.