la ville, la pluie, la nuit, le jazz…

Autour de minuit,

Stormy weather sur la ville.

La pluie fait des claquettes

sur le trottoir, les éclairs fusent.

La ville étincelle et ruisselle.

Dansent mes pas sur les  pavés luisants.

La nuit, m’éblouit, sensuelle.

Des bulles de jazz éclatent

et m’éclaboussent.

La java fait la gueule

mais tant pis, moi je ris !

Hep taxi !

La trompette de Miles s’envole.

Roule, roule encore,

plus loin, plus vite, plus fort…

Feu orange, feu rouge,

et flac et floc sur le toit…

La ville étincelle, la ville ruisselle.

Et moi je plane,

What a Wonderful world !

Il n’est pas mort le soleil,

n’est-ce-pas Mr Armstrong ?

Et The best is yet to come,

C’est Stacey Kent qui me l’a dit !

Hey, bonsoir Monsieur Jonaz !

Claque des doigts

à la porte de La boîte de jazz

Dansent mes pas sur les pavés luisants,

La ville étincelle, la ville ruisselle

et Nougaro  fait des flac et des floc et des « oh, oh »…

La pluie fait des claquettes …

Ô Nougaro…

Nina

La première fois que j’ai entendu Nina Simone à la radio, très tard le soir, je devais avoir dix ans. J’ignorais qui elle était, je ne comprenais rien aux paroles de sa chanson, mais j’étais scotchée. Sans le savoir j’écoutais du jazz et c’est fou ce que j’aimais ça !

Mais c’est quoi le jazz ?

J’ai trouvé la réponse dans une scène du  film  « la légende du pianiste sur l‘océan« . Deux musiciens discutent et le premier dit à l’autre « si tu écoutes de la musique et que tu ignores ce que c’est, c’est du jazz !!!« 

Voilà, c’est exactement cela : des notes, beaucoup de notes, des improvisations, beaucoup d’improvisations, la liberté musicale dans toute sa splendeur, la créativité à son paroxysme, la sensualité, l’ivresse, le désir jamais assouvi, la perfection jamais atteinte, et cette envie de jouer ou d’écouter, encore et encore…sans pouvoir en donner une raison précise.

Depuis Nina, vous l’aurez compris, le virus ne m’a jamais quittée.

Alors juste pour me faire plaisir…

ONE MORE TIME,  NINA !

 

jazzy mood

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Place des Lices, ils ont immortalisé Louis.

Les artistes sont partis.

Nicolas, Benoit, Cédric, les autres et Jimmy…

Ils ont plié bagage, le jazz s’est fait la malle,

emportant avec lui l’ivresse et l’oubli.

Vannes somnole et baisse les rideaux.

L’eau du port clapote,

quelques dernières notes…

Et Louis reste seul sur son mur de béton,

…regard étonné

sur un rêve évaporé…

l’été

L’été est là, je n’avais pas remarqué. Le temps file comme un TGV.

La ville transpire, suffoque. La poussière colle à la peau et sous les semelles l’asphalte brûle.

« Cherche moi une chanson d’été ! »

Impassible, la statue du grand Charles  regarde les enfants s’ébrouer dans la fontaine. Jeux interdits et innocents de l’été urbain.

« Une chanson d’été ? Ce n’est pas facile, l’automne est plus propice« 

Là-bas, la Volane chante et roule ses cailloux. Une bouteille dans l’eau, au frais.

« Je voudrais une chanson d’été rocailleuse et sensuelle »

Ils ont déserté la ville et la mer a mangé la craie de la falaise. J’ai le dos et l’âme qui dégoulinent.

« Paris s’éveille, c’est aussi l’été »

Café brûlant sur fond de jazz. Sur les toits dansent les chats. Mes fantômes au soleil roulent les airs…

C’est l’été ; je n’avais pas remarqué. Le temps file comme un TGV.

TGV…

 

un dimanche soir sur la planète

Premier soleil,

dos qui ruisselle,

pesanteur d’un après-midi

sans ombre.

Les oiseaux de mer somnolent,

dans les roseaux,

surveillant les nids.

Un orchestre de crapauds,

joue.

L’hymne à l’amour.

La sève éclate,

dégouline

en un torrent de désir

enfin assouvi.

Aux lueurs orangées

déclinantes,

un air de jazz….