évasion

« un seul oiseau en cage, la liberté est en deuil » – Jacques Prévert –

Et si je désobéissais ? Et si je ne les écoutais plus ? Et si j’abattais les murs de la maison ? Et si je m’envolais ?

Qu’arriverait-il ?

Ils me poursuivraient avec leurs drones et leurs hélicoptères. Ils m’arrêteraient, me dépouilleraient. Peut-être même qu’ils me jetteraient dans une prison pire encore…

Mais j’aurais respiré la mer. J’aurais parlé aux arbres et aux oiseaux…

Tout est question de priorité.

le corps, les mots, les maux

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…parce-que la source de mes larmes est tarie, parce-que les mots ne viennent pas, parce-que ma peau est en feu…

J’en appelle à Paul Eluard, encore.

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désirs
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

 

emmène-moi

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Emmène-moi dans cette tourmente de l’hiver, sur ces hauts plateaux où hurle la burle. Là où la route devient sentier de chèvre, où le voyageur s’égare, où la lumière se perd dans l’ombre du ravin.

Emmène-moi sur ces terres brûlées peuplées de squelettes noirs, que même les rapaces ont désertées. Là où les ombres de la nuit se réunissent en un sabbat infernal, glorifiant le feu dévastateur. Là où les jeunes pousses meurent étouffées par la cendre, sous les ricanements des vents contraires.

Conduis-moi à ce nid d’aigle où les pierres s’effritent sous nos pas, où résonnent encore les cris du chevalier fou. Dans cet espace-temps où l’Histoire nous enrobe de ses fantômes errants.

Emporte-moi sur cette route qui n’en finit pas. Où la poussière et le soleil te collent à la peau. Où les rouages d’acier martèlent le bitume au rythme du blues. Où tout n’est que démesure. Là où brûle la flamme de liberté.

Et surtout, surtout, emmène-moi vers ces pays où la misère est colorée, où les étoiles sont si proches qu’on les touche du bout des lèvres. Au-delà de l’infini, où les silhouettes voilées surgissent de nulle part, où les sourires sont gratuits.

Vois-tu ce signe de la main derrière la dune ? Serait-ce Tonio ?

Dis-moi que je délire mais ne détruis pas mon rêve.