mascarade

Au grand bal de la Commedia, j’ai soulevé le masque de chacun des figurants.

Sous le masque imperturbable, une colère bouillonnait.

Sous le sourire bienveillant se cachait une profonde tristesse.

Sous le masque provocateur se nichait la timidité.

Sous un masque grognon jaillit un coeur d’or.

Puis sous un masque beau parleur, des mensonges déferlèrent.

Enfin sous le masque flatteur, une hypocrisie perfide et hideuse me mordit.

Pauvres clowns…

J’aurais pu continuer ainsi et faire le tour de la terre. Mais lasse de cette mascarade, je m’assis dans un coin.

Ne trouvant aucun miroir à la ronde pouvant me renvoyer mon image, je tentai d’ôter mon propre masque afin de me regarder en face.

Hélas il me collait si bien que j’en arrivai à m’arracher la peau du visage.

Un petit enfant sans masque, qui passait par là, m’interpella : « tu saignes, madame« .

Alors je repositionnai mon masque quotidien et lui souris avec les yeux.

venise en opalie

– Avis de tempête  à forts coefficients –

– Vigilance orange sur Opalie –

Dans le fracas des lames qui se brisent contre la pierre, dans le grincement sinistre des bois marins. J’entends une musique légère.

Les bouillonnements d’écume sont des ailes de cygne. Le bronze du ciel est dorure. Des oiseaux de feu virevoltent au-dessus de la mer et l’horizon, mystérieux, s’est masqué.

Bravant les éléments perturbateurs, j’avance sur des pointes de satin. La gifle du sable qui tourbillonne a rosi mon visage trop pâle.

Que j’aime cette tempête !

Quelle étrange fantasmagorie que Venise en Opalie !