orage

Le ciel est lourd et gris comme un chagrin d’amitié.

L’horizon s’est perdu. Immobile et silencieuse, la mer s’est faite métal. Les ailes et les voiles sont repliées, dans l’attente d’un dénouement.

Plus un souffle…

J’ai la gorge sèche et le dos qui dégouline.

Il fait soif.

Et dans ma tête, cette route à l’asphalte brûlant, menant vers nulle part. Et ce vent chaud qui me cartonne les joues. Le GPS qui devient fou et la GoPro qui avale les miles aux mille visages…et ce coyote qui nous fixe…

Les cumulonimbus s’amoncellent, il fait presque nuit. Un frisson me parcourt, j’ai froid maintenant. Gonflé de rancoeur et d’amertume, le ventre du ciel est prêt à éclater.

Qu’il se libère, enfin !

Soudain un éclair violet, puis grondement de tambour. Les nuages se déchirent, tentent de s’enfuir, effarés. Un autre éclair illumine la plage toute entière. Les tambours se rapprochent…

Une grosse larme de pluie me tombe sur le crâne, puis deux, puis trois…Enfin le ciel pleure et creuse des cratères fumants dans le sable.

Et dans ma tête, les colliers de perles pendus aux arbres qui ruissellent. Nous pataugeons dans les flaques et rions comme des fous. La sirène du bateau nous salue une dernière fois.

Et cette musique qui ne me lâche pas….

Une petite chanson

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C’était une petite chanson qui courait, joyeuse et folle. Elle se faufilait entre les rochers du torrent, léchant au passage une bouteille mise au frais. Elle était si jolie cette petite chanson, que libellules se penchaient pour l’écouter, que les cigales se taisaient…

De mémoire de Volane on n’avait vu pareille harmonie, sauf peut-être il y a longtemps, lorsqu’un chien-loup lui tenait compagnie.

C’était une petite chanson insouciante dans l’été. Porteuse de rêve et d’espérance, au gré de ses notes légères.

Mais l’été est cruel et le soleil capricieux. Trouant le ciel d’azur, un orage survint. Les eaux du torrent gonflèrent soudain, ballotant la petite chanson, d’aspérités en tourbillons glacés.

Elle se tordit de douleur, se déforma, appela au secours. Mais libellules et cigales avaient disparu. Le bleu avait fait place à un ciel glauque et sans âme…

…Après un long silence et le calme revenu, la petite chanson s’était remise à chanter.  Courageuse, ne sachant faire que ça, elle avait repris son refrain. Mais l’harmonie était brisée, comme la bouteille mise au frais. De ses notes légères, il ne restait plus que discordance.

Alors elle se tut à tout jamais.

« I wish I could find a good book to live in... » as says Melanie.