sans aucun sens

897c64e8Je voudrais pousser les murs, casser le macadam, en faire jaillir des geysers de lave bouillonnante. Je voudrais l’horizon infini et  les monstres ailés de mes chimères surgissant de l’écume. Je voudrais le fracas pour réveiller ma torpeur.

Engluée dans mon microcosme, je contemple mon inertie. Il fait froid et j’étouffe. Mes jambes prises dans le béton ne bougent plus. Des rats d’égouts me reniflent. Les corbeaux tournoient…

Courir, courir !

Le corps emprisonné, la tête qui éclate. Se peut-il que le cauchemar se termine un jour ? Le monde est aveugle et sourd,  le temps est une illusion. J’ai des fourmis à l’intérieur des bras. Je voudrais hurler mais aucun son ne sort de ma bouche. Seul mon coeur est en vie ; envers et contre tout, il bat…

La nuit pâlit. Il est 5h17. Une pièce de monnaie tombe dans le répondeur de ma messagerie. C’est un papillon égaré, une pensée multicolore qui me chatouille les sens. Un mot, deux mots, trois mots ? Une note, deux notes, trois petites notes de musique ?

C’est fou comme il fait chaud dans cette chambre !