Maurice

Il était difficile de capter son regard,  perdu dans le vague ou fixé sur l’arrêt d’autobus. Assise en terrasse, un cahier bleu ouvert sur les genoux, elle mâchouillait le bout d’un crayon de bois.

« Tu pousses le bouchon un peu trop loin Maurice » avait-elle écrit. Avec l’humour, tout passe, en principe. Mensonges ou mauvaise foi peu lui importait désormais.

« Un jour, un mois, une année, c’est pareil » – se dit-elle – « Le temps et l’espace n’existent pas, c’est un leurre. C’est Maurice qui a raison. Tourner en rond dans un bocal, ne pas se souvenir, quel pied ! « 

Elle le pensa très fort mais ne put se résoudre à l’écrire. Alors elle tourna la page et écrivit : « un jour, un mois, une année, je vous ai beaucoup aimé ».