la clé des dunes

ou le temps qui s’échappe

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Le temps presse.

Le temps presse m’indiquent les aiguilles qui s’affolent.

Panique sur Opalie !

J’avais pourtant fermé la porte à clé pour qu’elle ne s’échappe pas mais elle a glissé dessous et s’est volatilisée.

Par tous les Saints du Walk of fame, où est-elle passée ?

« La plage » me chuchote mon intuition.

En courant plus vite que le vent, je la rattraperai !

…du moins je m’en persuadai.

Et me voilà sur le sable mouillé de la dernière pluie, par un petit matin de printemps frileux.

Indifférents à  ma détresse,  le renard philosophe et le goéland unijambiste ont entamé une partie de poker.

A-t-on idée de jouer aux cartes quand le temps vous échappe ?

La mer s’est mise à galoper, le soleil a bousculé la lune et s’est imposé sur l’horizon.

Et moi je reste plantée là, comme une endive, à lui faire de grands signes de la main, espérant un au-revoir, à bientôt, que sais-je…

L’heure d’hiver a pris la clé des dunes.

Elle n’a pas attendu que je lui rende le baiser que je lui avais volé…

daffodils for ever

daffodils

On a chanté le temps des cerises, les cerisiers roses et pommiers blancs, le joli mois de mai, April in Paris…

Mais qui n’a jamais foulé pieds nus un champ de jonquilles, ne sait pas le printemps.

Pose tes bagages et déchausse-toi.

Regarde, vois ce tapis de velours ensoleillé, imagine sa douceur. Sens-tu cette effluve si délicate, si particulière que jalousent les essences les plus riches ?

As-tu remarqué le frémissement des corolles en émoi, que caresse le vent ? Impatientes et folles, elles s’offrent désespérément. La nature n’attend pas.

Caresse-les, embrasse-les. Allonge-toi et enfouis ton visage en cette promesse généreuse. Enivre-toi jusqu’à plus soif.

Jouis de ce moment et grave-le en toi.

Avril est immortel, je te l’ai dit.

…mais on ne sort pas indemne du temps des jonquilles…

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vous et moi, émoi

gone with the wind« se dire tu, vous n’y pensez pas ?« 

Cet émoi en moi, en vous,

nous bulle, nous brûle,

nous perd, nous rend fous.

A la sève nouvelle,

à l’hymne au soleil,

je te haine et je vous aime.

…l’étranger que vous m’êtes devenu

n’est pas cet être que je connus.

des premiers « vous » aux derniers « tu »

vous et moi y avons cru

puis nous nous sommes tus…