page neige

corbeau dans la neige2

L’hiver s’est emparé de la plaine.

La plaine est silence,

la plaine est tombeau.

Le silence est glacé,

le silence est blanc.

Ma page blanche

comme  neige.

L’hiver s’est emparé de mon cerveau.

Le corbeau est là,

qui attend.

Mauvaise augure,

oiseau de mort.

La mort blanche.

Blanche est ma page.

Page silence…

Dessine-moi un câlin

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En me réveillant ce matin,

j’ai cherché mon câlin.

Il était parti en emportant son oreiller.

Sa place était déjà refroidie

et sous les draps,
aucun pli.

Déçue qu’il ne m’ait pas attendue,

j’ai embrassé mon édredon
et l’ai serré très fort.

Le jour s’est levé, et moi aussi.

Dans la chambre à côté,
une petite fée dormait.

Quand elle m’appela,
j’accourus lui faire un câlin.

De sa petite voix ensommeillée,
elle demanda :

 « tu pleures ? »

 « non, pas du tout, j’ai les yeux qui piquent »

Puis elle me prit par la main,

m’entraîna sur sa planète.

D’un coup de baguette,
elle fit apparaître

une feuille de papier
et des crayons de couleur.

« tu veux un dessin ? »

« oui, s’il-te-plaît, dessine-moi un câlin » !

ombres au soleil

OLYMPUS DIGITAL CAMERANe plus entendre les grondements de la bête.

Ne plus sentir la planète qui tremble.

Quitter la route pour un sentier de chèvres…

Là-bas, un peu à l’écart du village, les deux amis ont quitté leur éternité et se racontent des histoires.

Sur les berges dorées de la Volane, l’un se tortille la moustache en sifflant Ouraloup et l’autre ré-ajuste son écharpe de soie blanche, qui glisse…

Tendez bien l’oreille et avec un peu d’imagination, par-delà la chanson du torrent, le vent vous soufflera ce poème dédié à Antraigues…

Mais avant, allumez les cigales, prenez l’accent rocaill..eux de Gascogne, appuyez bien sur chaque syl..la…beu… et laissez vous porter …

NONCHALAN-CES

« Prononce-t-on Antrai-gues, Antraï-gues ?

Faut-il enten-dre entrai-de, entra-illes ?

C’est un village qui tress-aille

Entre la trui-te et le nid d’ai-gle

Le soir venu, ça défourai-lle

Des gueules ta-illées au canif

S’envoient en l’air et se cham-aillent

Sous l’oeil tolérant du shé-rif

Qui tringue à main tes étoi-les

Entre deux nuits, entre deux toi-les

Etoi-le rouge, étoi-le d’or…

Antrai-gues, c’est un château-fort

Ai-le de pierre sur l’Ardè-che

Qui couve l’art…bonsoir la Dè-che… »

Claude Nougaro

3 août 1992.

vous et moi, émoi

gone with the wind« se dire tu, vous n’y pensez pas ?« 

Cet émoi en moi, en vous,

nous bulle, nous brûle,

nous perd, nous rend fous.

A la sève nouvelle,

à l’hymne au soleil,

je te haine et je vous aime.

…l’étranger que vous m’êtes devenu

n’est pas cet être que je connus.

des premiers « vous » aux derniers « tu »

vous et moi y avons cru

puis nous nous sommes tus…

volutes

volutes

Dans les volutes grises

de sa Rothmans light,

elle rêve

et s’enfièvre.

De spirales en arabesques

elle esquisse

une silhouette

en caresse

le contour.

Dans les volutes grises

de sa Rothmans light,

elle dessine

son visage,

ses mains,

y pose un souffle.

Tel un bateau ivre

sur une musique soul

elle tangue

et se courbe

sur l’arc-en-ciel

de ses pensées.

Dans les volutes grises

de sa Rothmans light,

cette lascive embrasée

prise au vertige

éro-nicotique

de ses fantasmes

enfumés

s’envole.

Dans les volutes grises

de sa Rothmans light,

elle plane, vibre et

s’essouffle.

Ultime

soubresaut,

 soupir,

 dernier sanglot.

(oreilles sensibles s’abstenir)

fantômes au soleil

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Serait-ce  la saison des poètes, revenue,

qui frétille en moi ?

Serait-ce l’irrésistible désir naissant

d’une échappée au soleil ?

Quitter la route pour un sentier de chèvres,

sentir, écouter, savourer…

Ardèche, mon amour.

Là-bas, un peu à l’écart du village, deux amis ont quitté leur éternité et se racontent des histoires.

Sur les berges dorées de la Volane, l’un se tortille la moustache en sifflant son chien-loup et l’autre ré-ajuste son écharpe de soie blanche, qui glisse…

En tendant bien l’oreille et avec un peu d’imagination, vous entendrez dans le vent,  ce poème dédié à Antraigues…

« Allumez les cigales, prenez l’accent rocaill..eux de Gascogne, appuyez bien sur chaque syl..la…beu… et laissez vous porter … »

NONCHALAN-CES

« Prononce-t-on Antrai-gues, Antraï-gues ?

Faut-il enten-dre entrai-de, entra-illes ?

C’est un village qui tress-aille

Entre la trui-te et le nid d’ai-gle

Le soir venu, ça défourai-lle

Des gueules ta-illées au canif

S’envoient en l’air et se cham-aillent

Sous l’oeil tolérant du shé-rif

Qui tringue à main tes étoi-les

Entre deux nuits, entre deux toi-les

Etoi-le rouge, étoi-le d’or…

Antrai-gues, c’est un château-fort

Ai-le de pierre sur l’Ardè-che

Qui couve l’art…bonsoir la Dè-che… »

Claude Nougaro

3 août 1992.

à toi

« Les hommes n’ont plus le temps de rien connaìtre. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi ! »

Antoine de St Exupéry.

 

Un jour je me suis allongée

sur la rive de l’Amitié.

Là où le sable est plus doux,

les galets moins rugueux.

Droit dans les yeux

nous nous sommes reconnus.

Il est unique, je suis unique.

Il existe là-bas,  j’existe ici.

Nous le savons et ça suffit.

Mots écrits,  éclats de rires,

aveux et  SOS parfois,

ont tissé cette intemporelle,

que l’on nomme certitude.

On tombe en Amitié

comme on tombe en Amour.

D’explication

ne cherchez pas !

Il n’y en a pas.

« One more time, just for you ! » :