soleil en scorpion

A-t-on jamais vu un scorpion craindre le soleil ?

C’est la question que je me posai avant de prendre la décision de l’affronter.

Sept ans que je me cachais sous ma pierre, la peur au ventre, fuyant le moindre de ses rayons. Sept années passées à l’écart de sa caresse traitresse.

Mais puisqu’il faut mourir, autant mourir de plaisir me chuchotait cette petite voix malicieuse.  Auto-destruction répondait la voix de la raison.

L’auto-destruction n’est-elle pas le propre du scorpion ?

« Un scorpion souhaitait traverser la rivière mais ne savait pas nager.  Il demanda à une grenouille de le porter sur son dos. La grenouille refusa tout d’abord -« tu vas me piquer si je te porte » – « mais non répondit le scorpion, si je te pique, nous coulerons tous les deux » – La grenouille, convaincue, accepta. Mais au milieu de la rivière, le scorpion lui planta son dard vénéneux…-« qu’as-tu fait, je vais mourir et nous allons nous noyer ? » dit la grenouille -« que veux-tu, je suis scorpion, je ne peux m’empêcher, c’est ma nature… » – (fable africaine d’auteur inconnu)

Agir contre nature ne me ressemblant guère, j’osai le face à face tant redouté.  Lui, dans toute sa splendeur, fort de l’amour inconditionnel que je lui portais, rayonnait… Moi, hésitante encore, ne me dévoilant qu’avec parcimonie, je sentais monter en moi le goût délicieux de l’interdit.

Une douce brûlure transperça le fin tissu de mon paréo, m’invitant au lâcher prise…La tentation était redoutable… Au bout de quelques minutes, n’en pouvant plus je laissai tomber les armes et m’offris à lui, vaincue, presque nue, savourant chaque seconde d’une extase retrouvée.

Puisqu’il faut mourir, autant mourir de plaisir…

 play with fire just for fun !

autre soleil

Ex baby doll a dégoupillé la soupape de sécurité.  Exit,  avril. Kapout,  le spleen. Décollage immédiat pour Tarfaya, ou à peu près. Autre soleil, autres dunes. A posé ses valises au bord de la mer. Elle a  oublié laquelle.

un dimanche soir sur la planète

Premier soleil,

dos qui ruisselle,

pesanteur d’un après-midi

sans ombre.

Les oiseaux de mer somnolent,

dans les roseaux,

surveillant les nids.

Un orchestre de crapauds,

joue.

L’hymne à l’amour.

La sève éclate,

dégouline

en un torrent de désir

enfin assouvi.

Aux lueurs orangées

déclinantes,

un air de jazz….