venise en opalie

– Avis de tempête  à forts coefficients –

– Vigilance orange sur Opalie –

Dans le fracas des lames qui se brisent contre la pierre, dans le grincement sinistre des bois marins. J’entends une musique légère.

Les bouillonnements d’écume sont des ailes de cygne. Le bronze du ciel est dorure. Des oiseaux de feu virevoltent au-dessus de la mer et l’horizon, mystérieux, s’est masqué.

Bravant les éléments perturbateurs, j’avance sur des pointes de satin. La gifle du sable qui tourbillonne a rosi mon visage trop pâle.

Que j’aime cette tempête !

Quelle étrange fantasmagorie que Venise en Opalie !

et moi je cours…

route

En écho à la révolte qui gronde, la mer en furie s’est dressée debout. Incertitude, utopie et chimères, la tempête a tout balayé. Opalie s’est réveillée sans phare-baobab « Ils repousseront » m’a-t-elle affirmé. Dans sa bulle aseptisée, Jimmy n’a rien vu, rien entendu.

Et moi je cours après Charlie.

Vincent, François, Paul et les autres, ils causent, ils causent. Comme avant, quand ils refaisaient le monde. Joseph et Ahmed boivent le thé. « Je serai rabbin » dit l’un, « je serai imam » dit l’autre, « et nous prônerons la paix« . Dérision dérisoire d’un monde irréel.

Et moi je cours après Charlie.

Un carquois en bandoulière, rempli de crayons, Marilou a repris la route. Les épines à fleur de peau, la sève bouillonnante, elle est prête. Dans sa tête résonne le big bang d’un nouvel univers.

Et Franky chante en choeur avec les étoiles…

Et moi j’écris n’importe quoi…

Et moi je cours après Charlie.