un été d’opaline

poussière d'étoiles

Pas un souffle, pas un bruit. Octobre a ocré les feuilles de la forêt. La falaise et le Cap s’endorment dans les premières brumes. Accrochées aux parois de craie, quelques brindilles émergent des nids défaits et l’herbe haute a envahi le chemin des douaniers. L’horizon s’est perdu quelque part entre ciel et mer.

Le joli temps de l’été est bien terminé. La saison opaline a éclaté en mille poussières d’étoiles éparpillées au gré des vents muets.

De cet eden éphémère, seules résonnent quelques notes de musique, de Bellegarde à Auberive.

Et la planète mélancolique se souvient. Elle se souvient de cet Avril battu par les vents, de ce renouveau tant attendu,  si plein de promesses.

La terre a enfanté de ses germes endormis. Les fruits de l’été se sont gorgés de suc divin, ont éclaté au grand soleil, fous de désir. Gourmands, les corps s’en sont délectés. Les sèves ont jailli, abreuvant les coeurs desséchés, désaltérant les assoiffés de vie. Tout n’était qu’exaltation, c’était l’été.

Pendant que ricanait le spectre de l’automne assassin.

Aux terrasses vides, les guitares se sont tues. Une trompette gémit seule dans son coin. Sur le trottoir, des gouttes de pluie scintillent encore, éclats moribonds d’un été d’opaline.