divagation sur canapé – cru 2020

chauve-souris

Comment cette méduse a-t-elle échoué sur mon plancher ? Que je sache, je ne l’ai pas invitée !

Tiens, c’est nouveau cette couleur turquoise à mes pieds ! Sont-ce les miens ? Rien n’est moins sûr…

Décidément, j’adore ce vin de Loire ! Frais, gouleyant, fruité, il clapote à mon palais, léger, joyeux …Ce serait un crime de lèse-majesté de laisser la bouteille à moitié remplie !

Ah les bords de Loire…que ne donnerais-je pour m’y trouver là, maintenant, tout de suite ! Comment se nomment ces prestigieux châteaux classés dans mon album photos ? Chambord ? Chenonceaux ? Azay-le-rideau….je l’aime beaucoup celui-là, allez savoir pourquoi…

« Un château de la Loire est un château de la Loire ! Tu en as vu un, tu en as vu dix » m’a-t-on toujours affirmé !

Oui, sans doute…De toutes façons, je préfère les cheveaux ..chevaux aux châtaux…châteaux. Le Cadre Noir de Saumur…

Saumur ? Qui a dit Saumur ? Saumur et son nectar qui me tend les bras sur la table du salon, qui appelle mes papilles…Encore un verre maestro please ! Et joue moi donc ce Boléro de Tavel …Ravel !

Demain il faudra pomper toute cette eau qui envahit la maison, la mer a débordé ! Un vrai raz-de-marée ! Ca tangue dur dans le canapé, j’ai mal au coeur…

Je devrais peut-être monter à l’étage, on ne sait jamais, personne n’est à l’abri d’une noyade !

La bouteille penche dangereusement et finit par tomber. Sur les vagues, elle vogue et divague…

Et une bouteille à la mer ! Une !

Difficile de grimper un escalier sur un bateau par temps agité…

Une chauve-souris est sur mon lit, drôle d’idée ! Elle s’est certainement égarée…

Le phare de Belle-Île éclaire le plafond qui ondule. Sur le ponton-édredon, allongée les bras en croix, j’autorise la chauve-souris à parcourir la forêt de mon crâne.

Elle fait « toc-toc » sur le bois avec ses jolies petites incisives, mais personne ne répond.

Il n’y a plus personne à l’intérieur…

divagation sur canapé

chauve-souris

Comment cette méduse a-t-elle échoué sur mon plancher ? Nous ne sommes pas au mois d’Août et puis d’abord, je ne l’ai pas invitée !

Tiens, c’est nouveau cette couleur turquoise à mes pieds ! Sont-ce les miens ? Je me le demande…

Décidément, j’adore ce vin de Loire ! Frais, gouleyant, fruité, il clapote à mon palais, léger, joyeux …Ce serait un crime de laisser la bouteille à moitié remplie !

Ah les bords de Loire…que ne donnerais-je pour m’y trouver là, maintenant, tout de suite ! Comment se nomment ces prestigieux châteaux classés dans mon album photos ? Chambord ? Chenonceaux ? Azay-le-rideau….je l’aime beaucoup celui-là, allez savoir pourquoi… »Un château de la Loire est un château de la Loire ! Tu en as vu un, tu en as vu dix » m’a-t-on toujours affirmé !

Oui, sans doute…De toutes façons, je préfère les cheveaux ..chevaux aux châtaux…châteaux. Le Cadre Noir de Saumur…Saumur ? Qui a dit Saumur ? Saumur et son nectar qui me tend les bras sur la table du salon, qui appelle mes papilles…Encore un verre maestro please ! Et joue moi donc ce Boléro de Tavel …Ravel !

Demain il faudra pomper toute cette eau qui envahit la maison, la mer a débordé ! Un vrai raz-de-marée ! Ca tangue dur dans le canapé, j’ai mal au coeur…

Je devrais peut-être monter à l’étage, on ne sait jamais, personne n’est à l’abri d’une noyade !

La bouteille penche dangereusement et finit par tomber. Sur les vagues, elle vogue et divague…Et une bouteille à la mer ! Une !

Difficile de grimper un escalier sur un bateau par temps agité…

Une chauve-souris est sur mon lit, drôle d’idée ! Elle s’est certainement égarée…

Le phare de Belle-Île éclaire le plafond qui ondule. Sur le ponton-édredon, allongée les bras en croix, j’autorise la chauve-souris à parcourir la forêt de mon crâne.

Elle fait « toc-toc » sur le bois avec ses jolies petites incisives, mais personne ne répond, il n’y a plus personne à l’intérieur.

JE TIENS A PRECISER QUE CECI N’EST QUE PURE FICTION

contre vents et marées

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D’avril en avril, elle était toujours là. Depuis la dernière fois elle avait grandi mais je la reconnus immédiatement. La même apparence fragile, les mêmes gestes, précis, la même solitude.

Le profil de son visage s’était allongé et son petit menton pointu lui donnait l’air plus déterminé que jamais. Je ne pouvais voir ses yeux, cachés par une frange blonde trop longue.

Les pieds nus dans le sable mouillé, les mains rougies par le froid, sa robe légère collée au corps par le vent du nord, elle bâtissait…Faisant fi des éléments défavorables, elle s’évertuait à monter des tours, creuser des douves, cranter des remparts…Contre vents et marées, elle n’avait donc pas renoncé.

Cette fois-ci, je ne l’interrompis pas dans sa besogne. Je ne lui dis pas que le bal des princesses n’aurait pas lieu. Je ne lui dis pas que la marée montante détruirait son château éphémère, encore et toujours.  Je me contentais de l’observer de loin, sans broncher.

Ayant mis pied à terre, je m’étais assise au creux de la dune. A l’abri des oyats, elle ne pouvait détecter ma présence. Seule l’imposante silhouette noire de Sirocco aurait pu l’intriguer, mais elle ne semblait pas y avoir prêté attention.

Je songeai à notre première rencontre, à tout ce temps passé. Les choses n’avaient pas changé. Elle et moi avions toujours en nous ce même désir d’absolu, cette même impossible quête d’un éternel avril…

La mer avançait inexorablement. Déjà l’eau coulait dans les douves et menaçait les remparts. Elle tenta de colmater les brèches, comme à chaque fois, et s’empressa de consolider la fragile bâtisse avec des coquillages. Au large, un rouleau se formait, impressionnant. En quelques secondes, il déferla…

A cet instant, elle se retourna et me fit face : « Tu as vu, Marilou ? La mer a mangé mon château. J’en construirai un autre, demain peut-être ». Muette et admirative devant tant d’obstination, je ne sus que répondre.

Contre toute attente et avant que je fasse le moindre geste, elle se mit à siffler avec deux doigts dans la bouche. Sirocco dressa les oreilles, hennit et courut vers elle. Impuissante, je la vis sauter lestement sur la croupe de mon cheval et s’élancer vers les flots.

Tous deux se mirent à rythmer le va-et-vient des vagues, ivres et insouciants. Puissants, comme un défi, vivants, comme l’espoir.

Contre vents et marées, ils dansaient…

 

 

 

 

matin nouveau

mer et pluie

Il était une fois, une coquille de noix qui bondissait sur la crête des vagues.

Tel un ballon de baudruche, ballotée par les remous des courants contraires, elle apparaissait puis disparaissait sous les flots, inlassablement. D’énormes tentacules la tiraillaient sans répit vers l’abîme, et l’épuisaient.

Aveuglée par le sel de ses yeux mêlé au sel de la mer, elle ne distingua bientôt plus le rivage. L’horizon n’était plus qu’un minuscule point d’interrogation sur fond d’inévitable crépuscule.

Les vagues riaient, croyant à un jeu.

Ce long manège dura une éternité. Une éternité qui l’avait vidée de toute émotion.

Eparpillées autour de son corps, les pages d’un livre s’étaient désagrégées. Les mots pâlissant ne formaient plus que tâches d’encre délavées et informes. Elle aurait voulu en éprouver de la mélancolie, mais non.

Quant enfin, un matin inattendu, la mer s’apaisa.

Les tentacules des profondeurs avaient lâché prise et un doux ressac la ramenait au rivage. Elle ouvrit les yeux et ce qu’elle vit accrocha un sourire radieux à son visage mouillé. La plage étalait ses franges blondes sous un soleil nouveau. Une brise légère berçait les oyats sur la dune et les goélands s’étaient remis à valser.

Posé timidement sur le sable, un livre tout neuf l’attendait.

Un livre revêtu de blanc, parsemé de mots ronds et joyeux. Un livre avec des fenêtres par lesquelles on pouvait apercevoir les champs de blé, un coin de bleu, des brassées de fleurs et des milliers d’oiseaux. Un livre sans prétention et sans fioriture, authentique.

Authentiquement authentique.

Alors Loupalie se prit à rêver à un Eden qui ressemblerait à la tendresse.