venise en opalie

– Avis de tempête  à forts coefficients –

– Vigilance orange sur Opalie –

Dans le fracas des lames qui se brisent contre la pierre, dans le grincement sinistre des bois marins. J’entends une musique légère.

Les bouillonnements d’écume sont des ailes de cygne. Le bronze du ciel est dorure. Des oiseaux de feu virevoltent au-dessus de la mer et l’horizon, mystérieux, s’est masqué.

Bravant les éléments perturbateurs, j’avance sur des pointes de satin. La gifle du sable qui tourbillonne a rosi mon visage trop pâle.

Que j’aime cette tempête !

Quelle étrange fantasmagorie que Venise en Opalie !

le temps des carnavals

masques

Dessus leurs tristes oripeaux, ils ont revêtu un plumage qui leur sied mieux. Sur la laideur de leur visage vieillissant, ils ont posé un masque lisse.

Qui, dissimulé sous la Bauta, s’adonnera à la luxure refoulée. Qui, Polichinelle oiseau piailleur, en dévoilera les secrets. Arlequin se moquera de sa propre malice et les gueux, élevés au rang de Capitan, retrouveront leur dignité. Tandis qu’au fond du grand bal, Colombine, éternelle amoureuse d’un bouffon, soupirera à la lune.

Il est revenu, le temps des carnavals. Et tourne le monde, et dansent les masques à la grande commedia della vita !

 ***

« Quiconque a vu des masques, dans un bal, danser amicalement ensemble, et se tenir par la main sans se connaître, pour se quitter le moment d’après, et ne plus se voir ni se regretter, peut se faire une idée du monde »  – Vauvenargues –