un violon pour une fée

« Le premier homme qui fit un instrument de musique et qui donna à cet art ses règles et ses lois, avait écouté, longtemps auparavant, murmurer les roseaux et chanter les fauvettes. »

Alfred de Musset

Sur ma planète, il y a des petites fées, vous l’aviez sans doute remarqué. L’une d’entre elles, l’autre jour, nous a annoncé : « je veux jouer du violon ! » Quelle belle intention ! …

Sauf que… en grande personnes bien conditionnées, nous nous empressâmes de modérer son enthousiasme.

Il faut vous dire que les yeux de cette petite fée sont indisciplinés, très indisciplinés.

Les notes de musique, pour elle,  sont des oiseaux noirs sur des fils électriques. Des fils qui dansent sans cesse, des oiseaux qui bougent, discutent, s’ébrouent…

Comment les faire se tenir tranquilles le temps d’accorder les sons d’un violon et d’en délivrer l’émotion ?

Je restai songeuse un long moment. Il me semblait inconcevable de priver une petite fée d’un tel enchantement que de jouer d’un instrument.

Puis j’ai réfléchi à la citation de Monsieur de Musset…

J’ignore si les roseaux ont une âme. Mais ce dont je suis certaine, c’est que les fauvettes ne savent pas lire une partition.

Et autrefois, au pays des loups, j’ai même connu un cricket qui jouait du violon. Chaque soir il se posait sur le bord de la cheminée et nous ravissait de sa musique. Je n’ai jamais remarqué qu’il possédât un pupitre…

Alors le sourire me revint…