ombres au soleil

OLYMPUS DIGITAL CAMERANe plus entendre les grondements de la bête.

Ne plus sentir la planète qui tremble.

Quitter la route pour un sentier de chèvres…

Là-bas, un peu à l’écart du village, les deux amis ont quitté leur éternité et se racontent des histoires.

Sur les berges dorées de la Volane, l’un se tortille la moustache en sifflant Ouraloup et l’autre ré-ajuste son écharpe de soie blanche, qui glisse…

Tendez bien l’oreille et avec un peu d’imagination, par-delà la chanson du torrent, le vent vous soufflera ce poème dédié à Antraigues…

Mais avant, allumez les cigales, prenez l’accent rocaill..eux de Gascogne, appuyez bien sur chaque syl..la…beu… et laissez vous porter …

NONCHALAN-CES

« Prononce-t-on Antrai-gues, Antraï-gues ?

Faut-il enten-dre entrai-de, entra-illes ?

C’est un village qui tress-aille

Entre la trui-te et le nid d’ai-gle

Le soir venu, ça défourai-lle

Des gueules ta-illées au canif

S’envoient en l’air et se cham-aillent

Sous l’oeil tolérant du shé-rif

Qui tringue à main tes étoi-les

Entre deux nuits, entre deux toi-les

Etoi-le rouge, étoi-le d’or…

Antrai-gues, c’est un château-fort

Ai-le de pierre sur l’Ardè-che

Qui couve l’art…bonsoir la Dè-che… »

Claude Nougaro

3 août 1992.

l’été

L’été est là, je n’avais pas remarqué. Le temps file comme un TGV.

La ville transpire, suffoque. La poussière colle à la peau et sous les semelles l’asphalte brûle.

« Cherche moi une chanson d’été ! »

Impassible, la statue du grand Charles  regarde les enfants s’ébrouer dans la fontaine. Jeux interdits et innocents de l’été urbain.

« Une chanson d’été ? Ce n’est pas facile, l’automne est plus propice« 

Là-bas, la Volane chante et roule ses cailloux. Une bouteille dans l’eau, au frais.

« Je voudrais une chanson d’été rocailleuse et sensuelle »

Ils ont déserté la ville et la mer a mangé la craie de la falaise. J’ai le dos et l’âme qui dégoulinent.

« Paris s’éveille, c’est aussi l’été »

Café brûlant sur fond de jazz. Sur les toits dansent les chats. Mes fantômes au soleil roulent les airs…

C’est l’été ; je n’avais pas remarqué. Le temps file comme un TGV.

TGV…

 

Une petite chanson

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C’était une petite chanson qui courait, joyeuse et folle. Elle se faufilait entre les rochers du torrent, léchant au passage une bouteille mise au frais. Elle était si jolie cette petite chanson, que libellules se penchaient pour l’écouter, que les cigales se taisaient…

De mémoire de Volane on n’avait vu pareille harmonie, sauf peut-être il y a longtemps, lorsqu’un chien-loup lui tenait compagnie.

C’était une petite chanson insouciante dans l’été. Porteuse de rêve et d’espérance, au gré de ses notes légères.

Mais l’été est cruel et le soleil capricieux. Trouant le ciel d’azur, un orage survint. Les eaux du torrent gonflèrent soudain, ballotant la petite chanson, d’aspérités en tourbillons glacés.

Elle se tordit de douleur, se déforma, appela au secours. Mais libellules et cigales avaient disparu. Le bleu avait fait place à un ciel glauque et sans âme…

…Après un long silence et le calme revenu, la petite chanson s’était remise à chanter.  Courageuse, ne sachant faire que ça, elle avait repris son refrain. Mais l’harmonie était brisée, comme la bouteille mise au frais. De ses notes légères, il ne restait plus que discordance.

Alors elle se tut à tout jamais.

« I wish I could find a good book to live in... » as says Melanie.