virtuellement votre

Couple-avec-iPhone-par-Banksy-1

« couple avec i-phone » – Banksy

Descendre l’escalier le regard dans le flou, l’esprit embrumé. Au radar, traverser le salon, prier Alexa de me donner les infos du jour, appuyer sur le bouton de la cafetière. Rituel immuable.

Derrière les volets, le soleil ne promet rien, il joue avec la pluie. Ce serait bien d’aller me balader en octobre.

Et si je n’allumais pas l’ordinateur ? Et si je coupais mon smartphone ?

Oui, mais s’il y avait des messages importants ? Je pourrais juste vérifier, par acquis de conscience…

Comme un cheveu dans mon café, le premier texto de la journée vient de tomber. Attendre un peu avant de répondre, ou bien ne pas répondre du tout. Histoire de prouver que je ne suis ni pressée ni dépendante.

Ô comble du délice, prendre le temps et se foutre complètement du reste.

Débrancher Alexa, éteindre le smartphone et l’abandonner dans un coin. Enfiler des vieux vêtements, des bottes, et partir à la recherche d’un arc-en-ciel.

Au passage, saluer mon connard de voisin tueur d’arbres. Nous nous détestons mais nous sommes polis.

Suivre une famille nombreuse en route vers l’école. Le plus petit a perdu son doudou sur le trottoir, le ramasser et lui rendre contre un merci sincère de sa maman.

Deux ados non genrés dévorent leurs écrans tout en traversant le boulevard. Crissement de freins sur le bitume humide, un hurluberlu sort de sa voiture et vocifère des mots incompréhensibles.

Vous êtes formidable !

Tiens, j’aperçois une ébauche d’arc-en-ciel, là-bas, derrière le beffroi.

Comme on s’interdit de casino, on devrait parfois s’interdire de virtuel.

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8 commentaires sur “virtuellement votre

  1. Je découvre ce blog un peu intimidant, vu la variété des thèmes abordés, et la qualité de l’écriture. Sur l’article lui-même, les écrans sous toutes leurs formes, ont effectivement envahi notre existence, et il est bien difficile, voire impossible pour beaucoup, de pouvoir s’en passer. J’aimerais bien, moi aussi, être capable de « zapper » un peu plus, ne serait-ce que pour sortir, parler, lire, écouter… vivre, en résumé. Et je retiens cette heureuse formule : on devrait de temps à autre, s’interdire le virtuel, faire des « cures » en quelque sorte !.
    Bonne après-midi
    .

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup pour votre appréciation , c’est très aimable à vous. J’essaie de m’éloigner un peu de la blogosphère en ce moment ; néanmoins je reste attentive aux beaux écrits et je ne manquerai pas de vous lire.
      Bon après-midi également.

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  2. Tu as tout à fait raison, il faut savoir s’éloigner de ce monde virtuel. Quand, en promenade, je croise un ou les deux parents les yeux rivés sur leur écran, je me dis « pauvre gosse »…. Bon dimanche, Martine, ici il pleut. Mony

    Aimé par 1 personne

    1. Complètement d’accord avec toi. Moi-même je m’en veux parfois de ne pas profiter assez de la « vraie vie ». Mais j’essaie de me corriger. Bon dimanche Mony, ici aussi il pleut, un temps à faire des crêpes ! 🙂

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